Alors que l’organisation du concert caritatif prévu le 27 août à l’Arkéa Arena de Floirac, destiné à venir en aide aux victimes des incendies, s’accompagne de nombreuses réactions, Pascal Obispo a publié un long message pour répondre aux critiques. Le chanteur revient notamment sur la polémique liée à l’accueil de gendarmes sur sa propriété pendant les feux en Gironde, défend son engagement et appelle à recentrer le débat sur la solidarité envers les sinistrés.
Voici l’intégralité de sa déclaration :
« Bonjour
Je tenais ce matin à faire une petite mise au point.
Nous sommes un groupe de quelques personnes motivées et heureuses de se battre chaque jour H24 pour mener à bien ce projet de concert le 27 août à l’Arkéa Floirac (Bordeaux) ainsi que l’émission sur M6 qui le diffusera en simultané avec appels aux dons qui seront récoltés et redistribués par la Fondation de France aux sinistrés de tout le pays, victimes des incendies.
L’ouverture de la billetterie est ce matin. Bénévoles, pompiers et artistes sont tous « sur le pont » pour assurer un joli moment d’humanité.
Il s’est créé, en quelques jours autour de cet événement une solidarité exceptionnelle, et ça nous touche profondément. Notre objectif premier est de réussir ce pari qui semblait un temps impossible afin de contribuer à aider tous ceux qui, aux quatre coins de notre beau pays, ont tout perdu en quelques minutes. Chacun, à sa façon et avec sa spécialité, s’est rendu utile à l’élaboration de ce projet ambitieux, sans doute en hommage aussi à tous ceux, qui pendant l’incendie, se sont battus contre les flammes afin de protéger des vies et des villages. Je pense aux anonymes et à tous nos valeureux pompiers qui ont risqué leur vie pour en sauver d’autres. Et ces agriculteurs venus de tout le pays pour prêter main forte ! C’était beau ! Des gens vrais ! Pas de « bla bla » mais des actes concrets ! Certains y ont malheureusement perdu la vie, et nous en sommes tous affectés aujourd’hui.
En effet, j’ai accueilli des gendarmes chez moi. Mais je n’ai fait, je crois, que mon devoir de citoyen, et à mon petit niveau, seulement essayé d’être utile durant cette catastrophe. Il se trouve que cette initiative a créé une polémique – qui n’a rien à voir avec ce qui nous réunit, ne vous y trompez pas – mais à laquelle il semble important de répondre. Après avoir entendu aux infos, le lendemain de notre évacuation, que des hommes arriveraient en renfort dans la région, j’ai proposé, comme d’autres l’auraient fait, ma maison et mon terrain à l’armée. La gendarmerie a répondu positivement et a donc établi pendant quelques jours un poste avancé afin de lutter contre les incendies et faire des rondes de contrôle dans la presqu’île, ainsi que des patrouilles de sécurisation au plus près des secteurs de missions, c’est-à-dire entre Arès et le bout de la presqu’île qu’on appelle le Cap Ferret. Cette belle presqu’île où toutes les classes sociales sont représentées sans exception, je tiens à le préciser pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, afin d’éviter des caricatures inutiles et malveillantes. Je viens ici depuis mes six ans, et je peux donc presque dire que je suis un enfant du coin.
Devant la violence de cette situation apocalyptique, il était humainement impossible de rester immobile sans aider ces femmes et ces hommes à protéger nos vies, nos biens et nos villages. Le Cap Ferret était le poste stratégique le plus bas géographiquement. Les gendarmes sont des professionnels assermentés qui n’étaient pas là pour rigoler, mais bel et bien pour assurer leur noble mission. Et c’est ce qu’ils ont fait ! Comment ne pas aider quand on a la possibilité de le faire surtout dans une telle situation ?
J’ai passé une grande partie de ma vie dans des combats : lutte contre le sida, les Restos du Cœur, le Téléthon, etc. Comment aujourd’hui rester inactif ? J’ai toujours voulu être utile et j’essaierai de l’être tant que Dieu me prêtera vie. Un chanteur ou un musicien peut l’être parfois, même si je sais que c’est sans commune mesure avec le combat des soldats du feu !
À tous ceux qui aujourd’hui mettent tant d’énergie et d’influence à la critique ou à la polémique, je vous invite à la déplacer, on a besoin de vous. Rejoignez-nous !
Vous rencontrerez des gens formidables ! Et vous noterez, si vous êtes objectifs, que la solidarité et l’entraide sont plus enrichissantes que de monter les hommes les uns contre les autres. Vous comprendrez, je l’espère encore, que de donner un peu de soi, ça ne salit pas les mains, ça peut même rassembler et faire qu’on s’aime peut-être un peu. Qui sait ce que nous réservera demain ?
À bon entendeur. 27 août à l’Arkéa.
Et merci à tous ! On ne lâche rien.
Vers l’infini et au-delà !
Pascal Obispo »