Faute de moyen propre pour rehausser l’orbite du célèbre observatoire spatial, l’agence américaine lance un appel à propositions auprès des entreprises privées. Sans intervention, Hubble devrait se consumer dans l’atmosphère au début des années 2030.
Trente-six ans après son lancement, le télescope spatial Hubble continue de produire des données scientifiques précieuses, mais son avenir est compromis par une trajectoire orbitale qui se dégrade inexorablement. La NASA a publié jeudi une demande d’information officielle à destination des acteurs commerciaux du secteur spatial, les invitant à soumettre leurs idées pour prolonger la vie de l’instrument, voire le guider vers une rentrée atmosphérique maîtrisée. Les réponses sont attendues avant le 30 novembre.
Le problème est connu depuis des années. La dernière remontée d’orbite de Hubble remonte à 2002, lors d’une mission de maintenance assurée par la navette spatiale Columbia. La mission suivante, en 2009, n’avait pas inclus cette manœuvre, et le retrait définitif des navettes en 2011 a privé l’agence de tout moyen de corriger la situation. Depuis, le télescope perd progressivement de l’altitude, sans possibilité d’y remédier avec les ressources actuelles de la NASA.
Les projections actuelles placent la rentrée destructive de l’appareil au début ou au milieu des années 2030. Pour éviter ce scénario, l’agence spatiale américaine explore désormais la voie commerciale. Elle recherche des entreprises capables de capturer physiquement le télescope et de le rehausser à une altitude d’au moins 600 kilomètres, contre environ 540 kilomètres aujourd’hui. D’autres options sont également envisagées : l’amélioration des performances de l’instrument ou, à défaut, une désorbitation contrôlée permettant de choisir le point de chute des débris.
Cette démarche n’est pas entièrement nouvelle. La NASA avait déjà lancé une consultation similaire en 2024, sans qu’aucune solution concrète n’en découle. Le renouvellement de cet appel témoigne à la fois de l’urgence croissante de la situation et de la difficulté technique que représente l’opération : Hubble n’a pas été conçu pour être saisi par un vaisseau autonome, et son sauvetage exigerait des capacités de rendez-vous orbital et de manipulation que peu d’opérateurs privés maîtrisent aujourd’hui.









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