Dans une étude novatrice publiée le 14 avril 2025 dans la revue ACS Nano, des chercheurs de la Faculté dentaire de l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, ont annoncé le développement d’une nouvelle technologie alliant microscope à force atomique (AFM) et intelligence artificielle (IA), permettant une détection précoce et extrêmement précise du cancer de la bouche.
Détection des altérations nanométriques des cellules
Peter Mei, professeur associé à l’université et auteur principal de l’étude, a expliqué que cette méthode représente une avancée majeure dans le diagnostic du cancer. Elle permet de repérer des modifications nanométriques à la surface des cellules cancéreuses, invisibles par les méthodes classiques. Cet outil améliore ainsi la précision et la fiabilité du diagnostic, ce qui contribue à une détection plus précoce et à de meilleurs résultats thérapeutiques.
Grâce à cette technologie, il est possible de détecter le cancer buccal dès les premiers stades de transformation des cellules en cellules cancéreuses proliférantes, soit plusieurs années avant qu’il ne soit repéré par les méthodes traditionnelles.
Un outil de diagnostic médical prometteur
De son côté, le Dr Simon Juan, coauteur de l’étude, a exprimé l’espoir que cette technologie soit largement utilisée à l’avenir, devenant un outil essentiel pour le diagnostic médical – non seulement pour le cancer de la bouche, mais également pour d’autres types de cancer. Il a ajouté que ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements basés sur les propriétés nanophysiques des cellules cancéreuses.
La détection précoce du cancer de la bouche est un facteur essentiel pour augmenter les chances de survie et garantir une qualité de vie acceptable aux patients. À l’inverse, une détection tardive a souvent des conséquences désastreuses sur le pronostic et le quotidien du patient.
Les principaux facteurs de risque
Le cancer de la bouche est considéré comme l’un des cancers les plus fréquents dans la région de la tête et du cou, ce qui en fait un enjeu majeur de santé publique. Selon les statistiques mondiales, plus de 370 000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 50 % dans certaines régions, principalement en raison d’un diagnostic tardif et de la difficulté à traiter la maladie à un stade avancé.
Les principaux facteurs de risque incluent le tabagisme, la consommation d’alcool, la négligence de l’hygiène bucco-dentaire, ainsi que l’infection par le papillomavirus humain (HPV).
Un doublement des cas dans le monde arabe
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux d’incidence du cancer de la bouche a doublé au cours des dix dernières années dans le monde arabe. Les causes incluent le tabagisme, la consommation de khat, l’inhalation de tabac à priser ou « chamma », qui contient des substances cancérigènes, ainsi qu’un manque de sensibilisation sanitaire et l’absence de programmes de dépistage précoce. Les hommes sont particulièrement exposés, et les diagnostics sont souvent posés à des stades tardifs, ce qui diminue considérablement les chances de guérison et la qualité de vie post-traitement.
À noter que les spécialistes en chirurgie buccale, maxillo-faciale et faciale recommandent à tous d’effectuer un auto-examen de la bouche et du cou tous les trois mois, à la recherche de toute lésion, plaie, tache blanche ou rouge, ou masse qui ne guérit pas en deux semaines, et de consulter un médecin spécialiste en cas de doute.