Des chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode d’administration de médicaments à fortes doses, tout en réduisant la douleur liée aux injections. Cette méthode repose sur la transformation du médicament en microcristaux injectés sous la peau, formant ainsi un réservoir solide qui libère progressivement le traitement sur plusieurs mois, voire années, éliminant ainsi le besoin d’injections répétées.
L’étude a été menée par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis, et a été publiée dans la revue Nature Chemical Engineering. Elle a également été rapportée par le site EurekAlert.
Comment fonctionne cette technologie ?
Lorsque les cristaux médicamenteux, mélangés à un solvant organique sûr, sont injectés à l’aide d’une fine aiguille, ils se regroupent automatiquement sous la peau pour former un réservoir solide et compact. Ce réservoir a la capacité de libérer lentement le médicament, et il est possible de contrôler la vitesse de cette libération en ajoutant une petite quantité de polymère biodégradable.
Cette technologie se distingue par sa capacité à assurer un traitement prolongé : des essais sur des souris ont montré que le médicament était libéré pendant trois mois, avec 85 % du médicament toujours présent dans le réservoir à la fin de cette période, ce qui suggère une efficacité pouvant dépasser un an. Le réservoir peut également être retiré chirurgicalement si l’on souhaite interrompre le traitement, ce qui en fait une solution flexible. De plus, l’utilisation d’aiguilles fines rend l’injection moins douloureuse et plus facile à réaliser.
L’objectif principal de cette technologie est d’améliorer les méthodes de contraception de longue durée, notamment dans les pays en développement, en proposant des solutions simples à mettre en œuvre. Elle pourrait également servir à traiter des maladies chroniques nécessitant des doses continues, telles que le VIH, la tuberculose, ou encore certains troubles psychologiques et neurologiques.
L’équipe de recherche travaille actuellement à l’adaptation de cette technologie pour une utilisation humaine, en menant des études avancées et en évaluant les pathologies pouvant le plus bénéficier de ce système, que ce soit dans le domaine de la contraception ou du traitement d’autres maladies.
Grâce à cette méthode simple et efficace, il pourrait devenir possible de transformer les modes d’administration des traitements de longue durée, en les rendant plus confortables et moins coûteux, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les soins de santé à l’échelle mondiale.