Dimanche soir, à Thizy-les-Bourgs, petite commune d’environ 6.000 habitants à l’ouest du Rhône, les urnes ont parlé sans détour. Rémi Berthoux, 29 ans, collaborateur parlementaire du député RN Jonathan Géry, a remporté la municipale au second tour avec 46,36% des suffrages. Sa liste, sans étiquette officielle, avait été classée « union d’extrême droite » par la préfecture. Un basculement net, et surtout inédit dans le département: jamais une équipe rangée à la droite nationaliste n’y avait conquis une mairie.
Un signal politique dans le Beaujolais
Un signal politique dans le Beaujolais Face à lui, le maire sortant divers gauche Ludovic Cherpin s’arrête à 38,10%. L’ancien édile divers droite Martin Sotton, troisième homme de ce second tour, recueille 15,54% et traîne encore l’ombre d’une condamnation en 2023, à une peine de prison avec sursis, pour avoir incité des mineurs hébergés dans un foyer pour enfants en difficulté à consommer de l’alcool. Sur le terrain, l’équation était simple: une triangulaire, un sortant fragilisé et une droite rassemblée qui a su capter l’air du temps local. Berthoux l’a résumé à sa manière sur BFM Lyon: « On a prouvé que l’union des droites fonctionne localement ».
Thizy-les-Bourgs n’est pas une terre tombée du ciel, c’est une commune avec une mémoire politique, longtemps marquée par Michel Mercier, centriste et ancien garde des Sceaux, maire de 1977 à 2001 puis de 2013 à 2017. Mais la géographie électorale a changé, et pas qu’un peu: au second tour de la présidentielle 2022, Marine Le Pen y avait obtenu 51,17%. Cette victoire municipale donne donc un visage, un bureau et des clés de mairie à une dynamique jusque-là cantonnée aux scores. Reste maintenant le moment le plus ingrat, et le plus observé: gouverner au quotidien, tenir la promesse d’efficacité locale et assumer, sans faux-semblants, le message envoyé par ce coin du Rhône.
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