Un jury de Chicago a accordé 29 millions de dollars à la veuve de Michael Ryan, ingénieur irlandais tué dans le crash du Boeing 737 Max d’Ethiopian Airlines en mars 2019. Cette décision intervient après une action civile engagée contre le constructeur aéronautique américain.
Michael Ryan, père de deux enfants, vivait à Cork et travaillait comme ingénieur pour le Programme alimentaire mondial des Nations unies. Il faisait partie des 157 personnes mortes le 10 mars 2019 lorsque le vol ET302 d’Ethiopian Airlines s’est écrasé six minutes après son décollage d’Addis-Abeba, à une trentaine de kilomètres au sud-est de l’aéroport, près de la ville de Bishoftu.
Sa veuve, Naoise Connolly Ryan, a porté l’affaire devant les tribunaux américains. Le jury de Chicago lui a accordé 29 millions de dollars, soit environ 21,5 millions de livres sterling, au terme d’une procédure civile contre Boeing.
L’avocat de la famille, Steven C. Marks, du cabinet Podhurst Orseck, a salué un verdict qui « représente une mesure importante de responsabilisation et de justice ». « Aucune somme d’argent ne peut remplacer une vie ni effacer la perte profonde qu’a subie sa famille », a-t-il reconnu, ajoutant que Naoise Connolly Ryan avait « poursuivi la justice pour Mick avec une force et une détermination extraordinaires ».
Boeing a réagi par un communiqué exprimant ses « profonds regrets envers tous ceux qui ont perdu des proches » dans les crashs du Lion Air et d’Ethiopian Airlines. Le constructeur a précisé avoir « résolu la quasi-totalité de ces dossiers par des règlements amiables », tout en reconnaissant le droit des familles à saisir la justice.
Le crash du vol ET302 était lié au système de contrôle automatique MCAS, conçu pour corriger l’assiette de l’appareil. Selon le rapport des autorités éthiopiennes publié en 2019, deux capteurs ont commencé à enregistrer des données divergentes peu après le décollage, déclenchant ce système qui a répété poussé le nez de l’avion vers le bas jusqu’à l’impact. Les pilotes avaient tenté de désactiver le dispositif manuellement, sans succès. Le même mécanisme avait été identifié dans le crash du Lion Air survenu cinq mois plus tôt.
Originaire du comté de Clare, Michael Ryan avait mené une carrière humanitaire sur plusieurs continents. La page mémorial des Nations unies lui attribue notamment l’organisation de la construction d’abris au Bangladesh ayant protégé des dizaines de milliers de réfugiés rohingyas contre des glissements de terrain et des inondations, ainsi que la construction de centres médicaux au Liberia durant l’épidémie d’Ebola de 2014 à 2016. « Son impact était mondial », a résumé son avocat.
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