Christine Berrou affirme avoir subi pendant plusieurs mois des insultes et des humiliations de la part de Yassine Belattar lorsqu’elle travaillait à ses côtés sur France 4. Dans une vidéo publiée sur Instagram, l’humoriste raconte les conséquences durables de cette période sur son rapport à son corps, son alimentation et sa confiance en elle.
Une année de travail marquée par les insultes
Les faits racontés par Christine Berrou remonteraient à la saison 2009-2010. La chroniqueuse avait alors accepté un poste d’animatrice sur France 4, au sein d’une émission à laquelle participait Yassine Belattar. « Toute l’année où j’ai travaillé sur France 4, en 2009-2010, avec Yassine Belattar, il m’a appelée la moche ou encore la grosse », affirme-t-elle. Elle indique avoir déjà évoqué cet épisode lors d’une audition à l’Assemblée nationale. En retrouvant récemment un ancien ordinateur contenant des photographies prises pendant l’été 2010, Christine Berrou explique avoir mesuré l’impact que ces remarques avaient eu sur elle. « Cette personne vient de se faire appeler la grosse et la moche pendant un an. Résultat, elle ne mange que dalle et sa priorité, c’est d’être rassurée par les hommes », raconte-t-elle en commentant les clichés.
«Il me disait que je n’avais aucun talent»
Selon Christine Berrou, les critiques ne concernaient pas uniquement son physique. Elle accuse également Yassine Belattar d’avoir systématiquement dévalorisé ses capacités professionnelles. « Yassine Belattar me disait aussi que je n’avais aucun talent et qu’heureusement qu’il était là pour me faire travailler », affirme l’humoriste. Elle raconte avoir fini par croire à ce discours. Les humiliations subies pendant son enfance et son adolescence auraient facilité cette perte de confiance. « Comme j’avais été rabaissée par mon père toute mon enfance et mon adolescence, je me disais : bah oui, c’est cohérent », explique-t-elle.
Christine Berrou assure que cette dévalorisation répétée a progressivement modifié la perception qu’elle avait d’elle-même. « Pendant très longtemps, je n’ai pas vu cette fille-là. J’ai vu un monstre », confie-t-elle à propos des anciennes photographies retrouvées.
Une « prison mentale » construite au fil des humiliations
L’humoriste décrit un mécanisme d’emprise psychologique dans lequel la victime finit par adopter elle-même le regard négatif qui lui est imposé. « Je voyais la version racontée par quelqu’un avec beaucoup de persuasion. Au bout d’un moment, il n’avait même plus besoin d’être là, puisque je faisais le boulot toute seule », explique-t-elle. Elle affirme avoir cherché à se rendre discrète sur les photographies, à trouver le meilleur angle et à s’effacer au profit des femmes considérées comme plus belles selon les normes de l’époque. Christine Berrou estime que le harcèlement psychologique reste trop souvent minimisé lorsqu’il ne s’accompagne pas de violences physiques. « On va nous dire : “C’est bon, il ne t’a pas tapée.” Mais si, c’est grave, parce que les insultes vont changer l’identité qu’on a de nous-mêmes », insiste-t-elle.
Jamel Debbouze parmi ceux qui lui ont redonné confiance
Christine Berrou explique avoir réussi à sortir de ce processus grâce à plusieurs rencontres professionnelles. Elle cite notamment Jamel Debbouze parmi les personnes qui lui ont accordé leur confiance : « Ma chance a été de rencontrer rapidement des gens merveilleux qui m’ont fait confiance, comme par exemple Jamel Debbouze, et qui ont enrayé le processus d’autodestruction », confie-t-elle. Elle précise avoir publié cette vidéo afin d’alerter sur les conséquences des humiliations répétées, notamment lorsqu’elles sont présentées comme de simples plaisanteries.
Un avertissement contre les humiliations « sous couvert d’humour »
Dans la conclusion de son témoignage, Christine Berrou adresse un message particulièrement dur aux personnes qui rabaissent régulièrement leurs proches, leurs collègues ou leurs enfants. « Je voudrais dire aux personnes qui pratiquent ce genre d’humiliation sous couvert d’humour : vous n’êtes que des merdes. Vous n’êtes ni drôles, ni pertinentes. Vous êtes en train de construire la prison mentale de quelqu’un, voire de lui foutre sa vie en l’air si vous êtes son parent », lance-t-elle.
Yassine Belattar n’a pas répondu publiquement, dans les éléments présentés, aux accusations formulées par Christine Berrou.