Le parquet de Paris a classé sans suite la plainte déposée par le quotidien libanais Al-Akhbar contre le général français Philippe Sidos, après ses propos tenus à la suite de la mort de la journaliste Amal Khalil dans une frappe israélienne au Liban. L’avocat du journal, Vincent Brengarth, conteste vivement cette décision et dénonce une différence de traitement dans la réponse judiciaire française aux discours relatifs aux crimes commis à Gaza et au Liban.
Une plainte après la mort d’Amal Khalil
La journaliste Amal Khalil avait été tuée le 22 avril 2026 lors d’une frappe israélienne dans le sud du Liban alors qu’elle effectuait une mission journalistique. Quelques jours plus tard, Al-Akhbar avait porté plainte à Paris contre Philippe Sidos après une intervention sur BFMTV. Le général français avait évoqué la proximité supposée du quotidien avec le Hezbollah et expliqué que les Israéliens pouvaient considérer certains journalistes travaillant avec le mouvement comme des « espions ». Pour le journal libanais, ces déclarations revenaient à présenter le ciblage de la journaliste comme compréhensible ou justifiable.
Le classement sans suite décidé par le parquet suscite aujourd’hui la colère de Vincent Brengarth. « Ce classement sans suite va à l’encontre de ce que traduisent les propos en question, à savoir une forme de légitimation de l’action meurtrière visant la journaliste », estime l’avocat. La plainte visait notamment à déterminer si les propos pouvaient relever des dispositions françaises sanctionnant l’apologie ou la justification de crimes de guerre.
Des procédures qui « peinent à prospérer »
Pour Vincent Brengarth, cette affaire dépasse largement le seul cas de Philippe Sidos. « Il est particulièrement préoccupant de constater à quel point les initiatives judiciaires visant à judiciariser les propos qui encouragent les crimes internationaux commis à Gaza et au Liban peinent à prospérer », déclare-t-il. L’avocat estime que les difficultés rencontrées par ces procédures interrogent sur la manière dont la justice française traite les discours susceptibles de banaliser ou de légitimer des atteintes graves au droit international.
« Il est difficile, dans ces conditions, de ne pas y voir une forme de “deux poids, deux mesures” », poursuit l’avocat. Une accusation visant directement la réponse judiciaire française, Vincent Brengarth considérant qu’une plus grande sévérité est parfois observée à l’égard de certains discours liés au conflit israélo-palestinien tandis que les propos susceptibles de justifier les actions militaires israéliennes rencontreraient, selon lui, davantage de retenue.
Le risque d’une « impunité »
L’avocat va enfin plus loin en estimant que cette situation peut avoir des conséquences sur la poursuite des violations du droit international. « Il est également évident que cette réticence structurelle à agir favorise les mécanismes d’impunité qui contribuent aujourd’hui à l’enracinement des violations des droits fondamentaux et des crimes internationaux commis par Israël », affirme Vincent Brengarth.

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