Les États-Unis accueillent à Houston, du 14 au 16 septembre, des réunions ministérielles du G20 consacrées à l’énergie, dans un contexte de perturbation majeure des flux d’hydrocarbures liée au conflit avec l’Iran. Le prix du diesel a atteint un record aux États-Unis, dépassant 6,20 dollars le gallon.
C’est dans le Texas pétrolier que se retrouvent, jusqu’à mercredi, les délégations des plus grandes économies mondiales : Chine, Inde, Japon, Allemagne, Canada, Arabie saoudite. La Russie a également confirmé samedi l’envoi de certains responsables à Houston, une présence qui ravive les tensions au sein du camp occidental.
La participation russe est scrutée de près par les Européens. Il y a deux semaines, la présence surprise du ministre russe des Finances Anton Silouanov à une réunion du G20 avait provoqué un « malaise » parmi les alliés européens, peu enclins à voir Moscou réintégrer ces enceintes multilatérales malgré la guerre en Ukraine. Cette fois, la venue des délégués russes intervient alors que l’Europe peine à remplir ses réserves de gaz avant l’hiver, confrontée à une flambée des prix amplifiée par le conflit au Moyen-Orient.
Washington, qui assure la présidence tournante du G20 cette année, a placé l’accès à « une énergie abordable, fiable et sûre » au rang de ses priorités pour ces réunions. La réalité du marché raconte pourtant une autre histoire. Depuis les frappes menées fin février par l’armée américaine aux côtés d’Israël contre l’Iran, les exportations d’hydrocarbures depuis le Golfe se sont considérablement réduites.
Les conséquences se font sentir directement à la pompe aux États-Unis. Le gallon de diesel dépasse désormais 6,20 dollars en moyenne, selon l’association automobile américaine, un niveau record. L’essence ordinaire affiche, elle, une hausse de 44 % par rapport aux prix d’avant le conflit.
Cette situation pèse politiquement sur Donald Trump, dont le camp républicain redoute une défaite lors des élections législatives de novembre. Mercredi, le président américain a prédit que la guerre avec l’Iran s’arrêterait « immédiatement » après ce scrutin. Il a par ailleurs mis en cause dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’accusant de provoquer « une pénurie de diesel » par ses frappes sur les raffineries russes.
Pour desserrer l’étau sur l’approvisionnement, Trump a annoncé cet été un accord avec le Venezuela permettant à Washington de prendre le contrôle de 17 gisements pétroliers, dont le potentiel de production est évalué à 65 milliards de barils. Les ministres de l’Énergie, Chris Wright, et de l’Intérieur, Doug Burgum, très impliqués dans ce dossier vénézuélien, participeront aux réunions de Houston.

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