Le 2 septembre 1792, des dizaines de sans-culottes envahissent les prisons parisiennes et massacrent pendant plusieurs jours les détenus soupçonnés d’être contre-révolutionnaires, un épisode sanglant de la Révolution française resté sous le nom de massacres de Septembre.
Une peur alimentée par la menace d’invasion étrangère
À l’instigation de meneurs comme le journaliste Jean-Paul Marat, qui agite la crainte de complots intérieurs et celle, bien réelle, d’une invasion prussienne imminente, la foule se rue sur les prisons de l’Abbaye, de la Force, de la Conciergerie et de Bicêtre. Ce basculement dans la violence collective intervient trois semaines seulement après la prise des Tuileries du 10 août, alors que 80 000 soldats prussiens et autrichiens progressent vers Paris après la chute de Verdun le jour même.
Le ministre de la Justice Georges Danton, s’exprimant devant l’Assemblée législative, appelle alors les Parisiens à sauver la patrie par l’audace, sans parvenir à empêcher les massacres qui s’étendent jusqu’au 6 septembre, faisant entre 1 100 et 1 600 victimes selon les estimations historiques.
La princesse de Lamballe, victime emblématique du massacre
Parmi les victimes les plus célèbres figure la princesse Marie-Thérèse de Lamballe, ancienne confidente de la reine Marie-Antoinette, alors emprisonnée à la Force après avoir accompagné la famille royale à la prison du Temple. Son corps est mis en pièces par les émeutiers, et sa tête, plantée au bout d’une pique, promenée sous la fenêtre de la cellule où était détenue la reine.
Ces massacres, qui touchent également plusieurs villes de province comme Orléans, Meaux, Reims ou Versailles, marquent un tournant dans la radicalisation de la Révolution française, ouvrant la voie aux années de Terreur qui suivront sous la Convention nationale.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.