Gilles Kepel estime que l’islam de France souffre d’un déficit d’encadrement intellectuel et religieux. Invité ce dimanche du « Grand Rendez-vous » Europe 1–CNEWS–Les Échos, le politologue spécialiste de l’islam et du monde arabe a déclaré qu’« il y a un problème d’encadrement spirituel et intellectuel dans l’islam de France ».
Son analyse intervient à l’occasion de la publication prochaine de son nouvel ouvrage, Pèlerinage français. Comprendre les failles de notre identité. Gilles Kepel y décrit une France traversée, selon lui, par plusieurs fractures : progression du narcotrafic, influence de l’islamisme dans certains territoires et montée parallèle de mouvements identitaires et du Rassemblement national.
Une analyse sur l’organisation de l’islam en France
Dans son entretien, Gilles Kepel ne met pas en cause l’existence de l’islam en France mais interroge les structures capables d’en organiser la transmission religieuse et intellectuelle. La question de la formation des imams, de l’influence de pays étrangers ou encore de la capacité à construire des institutions cultuelles durablement ancrées dans le cadre français fait depuis plusieurs années l’objet de débats publics.
Le politologue inscrit cette réflexion dans un constat plus large de fragmentation culturelle et politique. Son livre, qui doit paraître le 23 septembre chez Albin Michel, s’appuie notamment sur un parcours à travers plusieurs villes du sud de la France, entre lieux de culte, territoires touchés par le narcotrafic et zones où le RN a fortement progressé.
Il s’agit de l’analyse de Gilles Kepel, et non d’un diagnostic institutionnel officiel sur l’ensemble des musulmans de France. Son intervention de ce dimanche doit surtout être comprise comme une lecture personnelle des difficultés d’organisation et de représentation du culte musulman.

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