Emmanuel Macron a lancé ce mardi soir à New York un plaidoyer pour le droit international et le multilatéralisme. À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, pour sa dernière intervention à l’ONU comme président de la République, le chef de l’État a mis en garde contre le retour d’un monde gouverné par les rapports de force et la « loi de la jungle ». Il a appelé les États attachés aux règles internationales à « se tenir droit » aux côtés des Nations unies.
Le président français veut ainsi placer la défense de l’ONU au cœur de la réponse aux crises qui se multiplient. Guerre en Ukraine, tensions avec la Russie, conflit au Moyen-Orient ou encore remise en cause des principes de souveraineté : Emmanuel Macron défend l’idée qu’aucune puissance ne doit pouvoir imposer durablement sa volonté uniquement par la force. Paris souhaite parallèlement poursuivre son initiative visant à mieux encadrer le droit de veto au Conseil de sécurité lorsqu’il est question d’atrocités de masse.
Ukraine, Moyen-Orient et crise énergétique
L’intervention intervient surtout dans un contexte international particulièrement tendu. Emmanuel Macron a rencontré lundi Donald Trump puis Volodymyr Zelensky. Avec le président américain, il a notamment évoqué un possible moratoire réciproque entre Kiev et Moscou sur les frappes contre les infrastructures énergétiques. La France souhaite également faire adopter au Conseil de sécurité une initiative destinée à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, dont les perturbations contribuent à la flambée des cours du pétrole.
À New York, le chef de l’État cherche donc à défendre une ligne française fondée à la fois sur le soutien à l’Ukraine, la recherche de désescalade au Moyen-Orient et le retour des Nations unies au centre des négociations internationales. Un an jour pour jour après avoir annoncé à cette même tribune la reconnaissance française de l’État de Palestine, Emmanuel Macron continue également de défendre la solution à deux États, même si la situation sur le terrain reste particulièrement dégradée.
Cette intervention prend une dimension particulière à quelques mois de la fin de son mandat. Face aux critiques de Donald Trump contre les institutions multilatérales et à la multiplication des conflits, Emmanuel Macron veut faire de la défense du droit international l’un des derniers marqueurs de sa diplomatie : dans un monde où les rapports de force se durcissent, la France entend, selon sa ligne, rester du côté des règles communes plutôt que de se résigner à la « loi du plus fort ».

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