Nigel Farage tente jeudi 13 août de retrouver son siège de député lors d’une élection législative partielle organisée à Clacton, dans le sud-est de l’Angleterre. Le chef de Reform UK avait lui-même provoqué ce scrutin en démissionnant du Parlement le 7 juillet, avant d’annoncer immédiatement sa candidature à sa propre succession.
L’élection réunit un nombre record de 34 candidats, dont plusieurs profils satiriques. Les travaillistes, les conservateurs et les libéraux-démocrates ont décidé de ne présenter personne, dénonçant une opération politique orchestrée par Nigel Farage. Le dirigeant populiste affirme au contraire vouloir laisser les électeurs de Clacton trancher face à ce qu’il décrit comme « l’establishment de Westminster ».
Une démission sur fond de dons controversés
Nigel Farage est visé par une enquête du gendarme de l’éthique parlementaire concernant un don de cinq millions de livres, soit environ 5,7 millions d’euros. Cette somme aurait été versée par Christopher Harborne, un milliardaire lié au secteur des cryptomonnaies, peu avant l’élection de Farage comme député en juillet 2024.
Selon The Times, le chef de Reform UK aurait également bénéficié d’un don non déclaré de George Cottrell, entrepreneur britannique condamné pour fraude aux États-Unis en 2017. Nigel Farage dénonce une offensive politique destinée à affaiblir son parti. Sa démission a suspendu l’enquête, mais celle-ci pourra reprendre s’il retrouve son siège.
Count Binface transforme le scrutin en spectacle
Son adversaire le plus médiatisé est Count Binface, ou « comte Tête-de-Poubelle », un candidat satirique qui fait campagne avec une poubelle sur la tête. Se présentant comme un « guerrier spatial intergalactique », il promet notamment de nationaliser la chanteuse Adele et de reboucher les nids de poule avec le programme électoral travailliste de 2024.
Le nouveau premier ministre Andy Burnham lui avait publiquement lancé de ne pas « décevoir la nation ». Des politologues estiment que l’attention accordée à Count Binface a détourné le scrutin du duel recherché par Nigel Farage avec les institutions britanniques et a contribué à ridiculiser sa stratégie.
Une victoire attendue, mais plusieurs chiffres surveillés
Les sondages donnent Nigel Farage largement vainqueur dans cette circonscription favorable au Brexit, où il avait réussi en 2024 à devenir député après sept tentatives infructueuses. L’ampleur de son avance, la participation, les bulletins nuls et le résultat du candidat satirique seront toutefois examinés comme des indicateurs de sa popularité réelle.
Une réélection permettrait la reprise de l’enquête parlementaire. Une sanction supérieure à quinze jours pourrait ensuite ouvrir la voie à une procédure susceptible de provoquer un nouveau scrutin, auquel les grands partis participeraient cette fois. Ce vote intervient aussi au moment où le Labour, porté par l’arrivée d’Andy Burnham à Downing Street, vient de repasser devant Reform UK dans plusieurs enquêtes d’opinion.
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