Le président ukrainien a réuni vendredi à Bukovel les dirigeants de huit pays voisins ou proches pour inaugurer un cadre de coopération inédit, baptisé « Carpathian Eight ». La rencontre a débouché sur plusieurs annonces concrètes, dont l’adhésion de la Pologne à une coalition antimissile et le déblocage de 3,3 milliards d’euros de soutien européen à Kiev.
C’est dans la station de ski de Bukovel, à l’ouest de l’Ukraine, que Volodymyr Zelensky a choisi d’accueillir vendredi les représentants de la Roumanie, de la Serbie, de la Pologne, de la Slovaquie, de la République tchèque, de l’Autriche et de la Hongrie. L’Union européenne participait également aux discussions. Ce premier sommet du « Carpathian Eight » visait à formaliser une coopération régionale autour de la sécurité, de l’énergie, de la logistique et des échanges économiques transfrontaliers.
Le rassemblement réunit des pays aux postures très différentes vis-à-vis du conflit. La Pologne et la Roumanie figurent parmi les soutiens les plus constants de Kiev, quand la Hongrie, la Slovaquie et la Serbie ont refusé de livrer des armes à l’Ukraine. Zelensky a qualifié cette réunion de « début significatif » d’une dynamique destinée à « renforcer les liens entre nos pays et à créer un nouvel élément solide de coopération au niveau européen ».
Le président ukrainien a souligné le rôle stratégique de cette zone géographique : « La macro-région carpatique est devenue l’un des fondements les plus fiables de notre défense. C’est une force qui existe et qui continuera d’exister. » Quelque 550 représentants du monde des affaires étaient attendus en marge du sommet, avec la signature d’accords commerciaux et d’investissement évalués à un milliard d’euros, portant notamment sur l’énergie, la logistique et les infrastructures.
Au moment même où s’ouvrait le forum, Zelensky annonçait le déblocage de 3,3 milliards d’euros issus d’un programme de soutien financier de l’UE, destinés à renforcer les capacités de défense ukrainiennes, notamment à l’achat de missiles et de drones.
L’une des annonces les plus notables est venue du Premier ministre polonais Donald Tusk, qui a confirmé l’adhésion de son pays à une coalition antimissile balistique constituée en juillet dernier autour de l’Ukraine et de neuf autres États européens. Ce cadre prévoit le développement conjoint d’un nouveau système de défense antiaérienne, présenté comme une alternative moins coûteuse au système américain Patriot. « À partir d’aujourd’hui, la Pologne fait partie de ce grand projet », a déclaré Tusk, ajoutant qu’un nouveau « paquet d’aide significatif » à l’Ukraine était en préparation, sans en préciser le contenu. « Personne ne changera mon opinion : la Pologne doit soutenir l’Ukraine dans sa guerre contre l’agression russe », a-t-il affirmé.
Zelensky a remercié Varsovie pour cet engagement renouvelé, estimant que les deux pays partagent « un ennemi commun ». Le sommet s’est tenu alors que des frappes russes nocturnes avaient touché plusieurs régions ukrainiennes dans la nuit de jeudi à vendredi, provoquant des incendies, des morts et des blessés. La menace de sabotages, de cyberattaques et d’intrusions de drones en territoire de l’OTAN constitue également une toile de fond préoccupante pour les pays réunis à Bukovel.

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