Aux États-Unis, plusieurs électeurs arabo-américains favorables à Donald Trump ont exprimé un mélange d’optimisme et de prudence après l’annonce du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, négocié sous l’impulsion du président américain.
À Dearborn, dans le Michigan — ville à forte population d’origine arabe —, Samra’a Luqman, Américaine d’origine yéménite et ancienne démocrate, s’est dite « ravi[e] et un peu justifié[e] » après des mois de critiques pour son soutien à Trump. « Aucun autre président n’aurait pu forcer Bibi [Netanyahou] à approuver le cessez-le-feu », a-t-elle affirmé à Reuters.
Pour beaucoup de membres de cette communauté, la médiation de Trump constitue un tournant diplomatique et une rare promesse tenue sur le dossier du Proche-Orient. Certains y voient une reconnaissance de leur foi dans la capacité de l’ancien président à « imposer la paix par la fermeté ».
Mais cet espoir reste fragile. Plusieurs partisans arabo-américains interrogés ont souligné leurs doutes quant au respect de l’accord par Israël, rappelant les violations passées des trêves à Gaza et au Liban. « Nous retenons tous notre souffle », a confié un entrepreneur palestino-américain de Detroit.
Malgré cet optimisme prudent, la méfiance demeure vive envers certaines politiques de Trump, notamment l’interdiction de voyager imposée en 2017 à plusieurs pays à majorité musulmane, qui avait profondément marqué la diaspora arabe.
Des analystes estiment que le maintien ou l’échec du cessez-le-feu pourrait influencer le vote arabo-américain lors de la prochaine présidentielle : si la trêve s’effondre, beaucoup pourraient se détourner à nouveau des républicains pour revenir vers les démocrates.
