DAKAR, 12 juin (Reuters) – Une militante iranienne pro-démocratie a été expulsée des États-Unis vers la République centrafricaine, une décision qualifiée d’« extrêmement dangereuse » par son avocate, qui dénonce un transfert vers un pays avec lequel la personne concernée n’a aucun lien.
Selon l’avocate Emily Trostle, la militante faisait partie d’un groupe de femmes iraniennes ayant fui des persécutions et risquant une expulsion. L’organisation Iran-US Legal Defense Fund (IALDF) affirme que trois femmes étaient initialement concernées, dont une convertie au christianisme, mais une seule aurait finalement été embarquée sur un vol parti de Louisiane jeudi soir.
Le vol devait rejoindre Bangui, capitale de la République centrafricaine, après une escale prévue à Accra, au Ghana. L’avocate affirme que ce type de transfert expose la militante à des risques importants, notamment celui d’un renvoi ultérieur vers l’Iran, où elle pourrait être exposée à des persécutions.
La République centrafricaine a accepté ces dernières années d’accueillir des personnes expulsées depuis des pays tiers, dans le cadre d’accords migratoires internationaux. Toutefois, ces pratiques sont régulièrement critiquées par des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent un manque de garanties sur la protection des personnes concernées.
Dans ce cas précis, les autorités américaines n’ont pas immédiatement détaillé les raisons ayant conduit à cette expulsion vers un pays tiers plutôt que vers un État où la militante aurait pu demander l’asile. Les informations sur les autres personnes initialement visées par la procédure restent également incertaines.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des politiques migratoires et d’expulsions vers des pays tiers, une pratique de plus en plus contestée par les ONG internationales.
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