JÉRUSALEM, 28 juillet — Dans un geste sans précédent, deux organisations israéliennes de défense des droits humains ont accusé lundi leur propre gouvernement de commettre un génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza. B’Tselem et Physicians for Human Rights Israel (Médecins pour les droits de l’homme Israël) sont ainsi devenus les premières voix significatives au sein de la société civile israélienne à formuler cette accusation, la plus grave du droit international.
Lors d’une conférence de presse tenue à Jérusalem-Est, les deux ONG ont présenté des rapports documentant ce qu’elles qualifient d’« action coordonnée et délibérée pour détruire la société palestinienne à Gaza ». Selon elles, les opérations militaires israéliennes s’accompagnent d’un ensemble de politiques – bombardements massifs, déplacements forcés, famine – qui répondent aux critères définissant un génocide.
« Le rapport que nous publions aujourd’hui est un rapport que nous n’aurions jamais imaginé devoir rédiger », a déclaré Yuli Novak, directrice exécutive de B’Tselem. « La population de Gaza a été déplacée, bombardée et affamée, complètement dépouillée de son humanité et de ses droits », a-t-elle ajouté avec émotion.
De son côté, l’organisation Médecins pour les droits de l’homme Israël a mis l’accent sur l’effondrement du système de santé de l’enclave palestinienne. « Les actions d’Israël ont détruit l’infrastructure de santé de Gaza d’une manière qui ne peut être interprétée que comme intentionnelle », affirme l’organisation dans son rapport, qui s’appuie sur des témoignages de médecins, d’humanitaires et de patients évacués.
Le bureau du Premier ministre israélien a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de « mensongères, diffamatoires et déconnectées de la réalité ». Il a accusé les ONG de propager une « propagande hostile » et de nuire à l’image d’Israël à l’international. Les autorités affirment que les opérations militaires visent exclusivement le Hamas et les autres groupes armés opérant depuis Gaza.
Ces déclarations interviennent alors que la crise humanitaire s’aggrave fortement dans l’enclave, selon les agences des Nations unies. Les témoignages et images de famine, de destructions massives et de populations déplacées se multiplient, alimentant les critiques de la communauté internationale.
Alors qu’Israël continue d’affirmer son droit à se défendre, la prise de position de ces deux organisations israéliennes pourrait avoir des répercussions juridiques et politiques majeures, y compris dans les procédures en cours devant la Cour internationale de Justice, où plusieurs pays ont déjà porté plainte contre l’État hébreu pour génocide.
