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À Gaza, une mère supplie pour évacuer sa fille gravement malnutrie : « Je la perds jour après jour »

À Gaza, une mère supplie pour évacuer sa fille gravement malnutrie : « Je la perds jour après jour »
À Gaza, une mère supplie pour évacuer sa fille gravement malnutrie : « Je la perds jour après jour »

Dans un hôpital de la ville de Gaza, Nasma Ayad veille sur sa fille de huit ans, Jana, alitée, le corps amaigri, les yeux fiévreux. Les médecins confirment qu’elle souffre de malnutrition sévère. Nasma la rafraîchit avec un éventail de fortune, dans une chaleur suffocante, redoutant de revivre le cauchemar de la perte. Le mois dernier, une autre de ses filles est morte, faute de soins.

« J’ai l’impression de perdre ma fille petit à petit, jour après jour », confie-t-elle, le visage creusé par la fatigue et l’angoisse. « Tout ce dont elle souffre se multiplie. » Comme de nombreuses familles dans le nord de Gaza, Nasma vit sans accès régulier à l’eau, à la nourriture ou aux médicaments. Le système de santé, épuisé par des mois de guerre, est au bord de l’effondrement.

La situation humanitaire dans l’enclave palestinienne est critique. L’ONU et plusieurs ONG alertent depuis des semaines sur une famine imminente, notamment parmi les enfants. Les convois d’aide sont rares, souvent bloqués ou incomplets, et les hôpitaux manquent de tout : nutrition thérapeutique, oxygène, électricité, personnel.

Les évacuations médicales vers l’Égypte ou d’autres pays sont une planche de salut pour les cas les plus graves. Mais elles sont limitées et soumises à des autorisations strictes, difficiles à obtenir. Nasma tente désespérément de faire inscrire Jana sur la liste d’évacuation. Le temps presse, et les complications liées à la malnutrition pourraient rapidement devenir irréversibles.

Selon les données de l’UNICEF, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère a doublé depuis le début de l’année à Gaza. Les restrictions d’accès, les bombardements répétés et l’effondrement des infrastructures rendent toute intervention humanitaire à grande échelle extrêmement difficile.

Alors que le conflit entre Israël et le Hamas s’enlise, les civils payent un tribut toujours plus lourd. Pour Nasma, la bataille n’est pas politique. Elle est intime, urgente, et tragiquement simple : sauver sa fille. « Je ne veux pas enterrer un autre enfant », murmure-t-elle.

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