La formule avait été lancée par Emmanuel Macron en 2018, au plus fort de l’affaire Benalla. Huit ans plus tard, elle lui revient en pleine figure, jusque dans la presse américaine. Alors que la France a connu samedi 17 octobre une journée de manifestations marquée par de violents affrontements et des incendies, le New York Post a choisi de ressortir la célèbre provocation du président de la République : « Qu’ils viennent me chercher ! » Une manière ironique de confronter les paroles passées du chef de l’État aux images de chaos qui ont circulé dans le monde entier.
« La France en flammes » : le New York Post tourne en dérision la posture de Macron
Le quotidien américain New York Post n’a pas fait dans la demi-mesure. Samedi 17 octobre, il a publié sur son compte X un titre particulièrement mordant : « France in flames: 550,000 protesters take to the streets as Macron erupts, ‘Let them come and get me!’ » Traduction : « La France en flammes : 550 000 manifestants descendent dans les rues, Macron explose : “Qu’ils viennent me chercher !” »
Le rapprochement est cinglant. D’un côté, un président qui avait défié ses adversaires en leur lançant de venir le chercher. De l’autre, des images de barricades en feu, d’individus cagoulés et d’affrontements avec les forces de l’ordre. En ressortant cette formule, le journal américain a choisi de placer Emmanuel Macron face à ses propres mots, huit ans après les avoir prononcés.
La publication était accompagnée d’un photomontage spectaculaire montrant notamment un individu masqué devant un immense incendie. Dimanche matin, elle approchait déjà les 300 000 vues sur X, avec plusieurs milliers de réactions.
La véritable citation de Macron remonte au 24 juillet 2018
C’est à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, devant les parlementaires de sa majorité, qu’Emmanuel Macron avait prononcé sa fameuse déclaration, alors que l’affaire Benalla embarrassait profondément l’Élysée. Le président avait notamment lancé : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! »
Cette formule était devenue l’un des symboles de la communication offensive du chef de l’État. Emmanuel Macron assumait alors publiquement sa responsabilité politique dans l’affaire, tout en défiant ceux qui réclamaient des explications.
Huit ans plus tard, le New York Post a donc ressorti cette provocation pour illustrer les manifestations du 17 octobre 2026. Le contraste entre la confiance affichée à l’époque et les scènes de violences montrées dans le reportage donne au titre américain toute sa portée sarcastique.
Une ironie d’autant plus mordante que la France a connu une journée de violences
Le 17 octobre, les manifestations ont rassemblé 550 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, et 800 000 selon les organisateurs. À Paris, des commerces ont été pillés et des affrontements ont opposé des groupes d’émeutiers aux forces de l’ordre. À Marseille, l’hôtel de ville a été pris pour cible, tandis qu’à Limoges, un violent incendie a ravagé une partie de la mairie.
Les images des violences qui ont marqué les manifestations du 17 octobre ont circulé bien au-delà des frontières françaises. Le New York Post a choisi d’en faire un récit spectaculaire, avec des photographies de flammes et de manifestants cagoulés, en associant directement cette situation au président de la République.
Le contraste recherché est évident : celui qui lançait autrefois « Qu’ils viennent le chercher ! » se retrouve aujourd’hui confronté à une contestation d’une tout autre ampleur. Le journal américain a ainsi transformé une formule vieille de huit ans en titre moqueur sur la situation politique française.
Macron promet désormais de punir les émeutiers
Face aux violences, Emmanuel Macron a appelé au calme tandis que Sébastien Lecornu dénonçait des violences d’une extrême intensité. Le président a condamné les destructions et les attaques contre les institutions, assurant que leurs auteurs seraient « poursuivis et punis ». Il a également appelé à faire bloc contre les « semeurs de chaos ».
Les violences ont touché plusieurs grandes villes, avec des attaques contre des bâtiments publics et des commerces. À Saint-Étienne, un jeune homme a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade policière. À Limoges, l’incendie de l’hôtel de ville a ravagé la salle des mariages et les locaux de l’état civil.
Une ancienne provocation présidentielle devenue un sujet de moquerie à l’étranger
La sortie du New York Post ajoute une dimension embarrassante pour Emmanuel Macron. Le quotidien américain a choisi de rappeler ses propres paroles au moment où les images de violences en France faisaient le tour du monde. La formule présidentielle de 2018, autrefois destinée à défier ses opposants, est ainsi devenue un moyen de tourner en dérision le chef de l’État.
Huit ans après l’affaire Benalla, le « Qu’ils viennent le chercher ! » d’Emmanuel Macron a donc traversé l’Atlantique pour réapparaître dans un titre particulièrement sarcastique. Et cette fois, c’est la presse américaine qui lui renvoie sa provocation, avec en toile de fond les images d’une France en flammes.

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