Le ministre néerlandais de la Défense, Ruben Brekelmans, a tiré la sonnette d’alarme samedi à Singapour en affirmant que les tentatives d’espionnage industriel menées par la Chine à l’encontre des Pays-Bas s’intensifient, en particulier dans le secteur stratégique des semi-conducteurs. Selon lui, Pékin viserait la propriété intellectuelle de cette industrie de pointe afin de renforcer son propre arsenal technologique et militaire.
Interrogé en marge du Dialogue Shangri-La, le principal forum sécuritaire asiatique, Brekelmans a souligné que « l’industrie des semi-conducteurs, dans laquelle nous sommes technologiquement en tête, ou technologiquement avancée, est bien sûr d’un grand intérêt pour la Chine ». Il a ajouté que les plus récentes évaluations des services de renseignement néerlandais confirment une recrudescence de la menace, précisant que la Chine représente actuellement « la plus grande cybermenace » identifiée par La Haye.
L’an dernier déjà, les services de renseignement militaire néerlandais avaient accusé la Chine de s’être introduite dans des réseaux liés aux secteurs néerlandais des semi-conducteurs, de l’aéronautique et de la marine. Ces incursions auraient pour objectif de transférer des technologies sensibles vers les forces armées chinoises. Un réseau militaire néerlandais aurait notamment été infiltré en 2023 par des acteurs étatiques chinois.
Le ministère chinois des Affaires étrangères n’a pas réagi aux dernières déclarations de Brekelmans. Pékin rejette régulièrement les accusations de cyberespionnage, affirmant s’opposer à toute forme d’attaque informatique.
Face à ce qu’il décrit comme une pression croissante exercée par la Chine via ses leviers économiques, le ministre néerlandais plaide pour une meilleure protection des secteurs stratégiques. Il appelle également à une réduction de la dépendance européenne à l’égard des matières premières chinoises, un message qu’il adresse à la fois à Bruxelles et à ses partenaires régionaux.
« Nous devons prendre des mesures plus importantes pour réduire ces dépendances », a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’une réponse collective au niveau de l’Union européenne pour préserver la souveraineté économique et sécuritaire du continent.
