POLITIQUE Gouvernement & réformes

Assurance-chômage : l’État veut prélever les 2,1 milliards d’excédent attendus en 2027

Assurance-chômage : l’État veut prélever les 2,1 milliards d’excédent attendus en 2027
Assurance-chômage : l’État veut prélever les 2,1 milliards d’excédent attendus en 2027

Le gouvernement prévoit de prélever 2,1 milliards d’euros sur l’Unédic en 2027. Jean-Pierre Farandou l’a annoncé dans une interview publiée dimanche 4 octobre par L’Opinion. Ce montant correspond à l’excédent que l’organisme gestionnaire de l’assurance-chômage prévoit de dégager l’année prochaine. Le ministre du Travail assure que cette ponction laissera les comptes à l’équilibre, tout en faisant valoir que le prélèvement aurait pu être plus élevé.

Cette annonce intervient alors que les dirigeants de l’Unédic viennent de mettre en garde contre la poursuite des prélèvements de l’État. Dans une tribune publiée le 1er octobre dans Le Monde, Patricia Ferrand et Jean-Eudes Tesson ont défendu la nécessité de préserver les ressources de l’assurance-chômage. Leur inquiétude porte notamment sur l’endettement de l’organisme, qui devrait prochainement dépasser 61 milliards d’euros. Dans ce contexte, l’excédent attendu constitue une marge financière que le prélèvement annoncé absorberait intégralement.

Un équilibre annoncé qui dépend des prévisions économiques

Le désaccord porte donc autant sur l’utilisation des ressources que sur la solidité des projections. Le ministre présente l’équilibre prévu pour 2027 comme une garantie. Les dirigeants de l’Unédic soulignent, eux, la dégradation des perspectives économiques et la hausse du chômage qu’ils anticipent. Ils préviennent que les prévisions financières pourraient être sensiblement abaissées. Si l’excédent se révélait inférieur aux 2,1 milliards d’euros attendus, le maintien d’un prélèvement de ce montant pourrait compromettre l’équilibre annoncé.

L’opération pose également la question du désendettement de l’assurance-chômage. Des comptes annuels équilibrés empêchent d’ajouter un nouveau déficit, mais ne dégagent pas de ressources pour réduire la dette accumulée. En captant l’excédent prévu, l’État limiterait ainsi la capacité de l’Unédic à reconstituer ses marges de manœuvre. L’arbitrage défendu par le gouvernement repose sur une prévision encore susceptible d’évoluer, tandis que les responsables du régime demandent que ses besoins financiers restent prioritaires face aux contraintes budgétaires de l’État.

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