POLITIQUE Gouvernement & réformes

Téléphone au volant: la suspension du permis désormais généralisée à toute la France, jusqu’à six mois sans conduire

Téléphone au volant: la suspension du permis désormais généralisée à toute la France, jusqu’à six mois sans conduire
Téléphone au volant: la suspension du permis désormais généralisée à toute la France, jusqu’à six mois sans conduire

Le gouvernement durcit les sanctions contre l’utilisation du téléphone au volant. Après plusieurs expérimentations locales, la suspension administrative du permis de conduire pour les automobilistes surpris avec un téléphone tenu en main doit désormais être appliquée sur l’ensemble du territoire. Une instruction a été adressée le 29 septembre aux préfets afin de généraliser cette possibilité. 

Jusqu’à présent, le conducteur pris avec son téléphone en main encourait principalement une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de trois points. Ces deux sanctions restent en vigueur et peuvent désormais être accompagnées d’une suspension administrative du permis décidée par le préfet. Le Code de la route interdit bien l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation. 

Le simple téléphone tenu en main peut désormais suffire

C’est le changement le plus fort. Jusqu’ici, la suspension administrative liée au téléphone était notamment prévue lorsque son utilisation était associée à certaines autres infractions, comme un excès de vitesse, le franchissement d’une ligne continue, le non-respect d’un feu ou d’une priorité. Parallèlement, plusieurs préfets avaient déjà décidé d’utiliser leurs pouvoirs de suspension pour sanctionner le téléphone tenu en main à lui seul. 

Cette politique, déjà appliquée dans plusieurs départements avant sa généralisation⁠, change désormais d’échelle. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, l’a résumé ainsi : « Le simple fait de tenir son téléphone à la main, sans que cela n’entraîne un excès de vitesse ou toute autre infraction, pourra désormais entraîner une suspension administrative du permis. » 

Il ne faut toutefois pas comprendre que tout automobiliste contrôlé avec son téléphone perdra automatiquement son permis pour six mois. La suspension est une décision administrative prise par le préfet, et sa durée est appréciée en fonction des circonstances et du dossier du conducteur.

De 15 jours à six mois de suspension

Dans les départements qui appliquaient déjà cette politique, la durée prononcée était généralement de 15 jours. Elle peut être portée à un mois et, dans certains cas, atteindre six mois. « La durée de la suspension sera appréciée par les services préfectoraux selon les circonstances et le parcours du conducteur », a précisé Marie-Pierre Vedrenne. 

L’amende de 135 euros et le retrait de trois points ne disparaissent donc pas. La suspension vient s’y ajouter. La décision n’est par ailleurs pas prise directement par le policier ou le gendarme qui constate l’infraction : elle relève de l’autorité préfectorale. 

Une mesure d’abord testée dans plusieurs départements

Le durcissement avait commencé localement. Dès 2025 puis au printemps 2026, plusieurs préfectures avaient instauré des suspensions pour les conducteurs contrôlés téléphone en main. La Charente-Maritime, les Landes, le Lot-et-Garonne et le Pas-de-Calais avaient notamment adopté cette politique⁠.

Dans les Landes, où le dispositif était appliqué depuis novembre 2025, environ 300 permis ont été suspendus pendant les trois premiers mois. Le ministère de l’Intérieur fait état d’une diminution de 12% de l’usage constaté du téléphone au volant dans le département. 

La mesure avait ensuite gagné d’autres territoires. Le durcissement engagé dans les Landes avait été présenté comme une expérimentation susceptible d’être étendue⁠. Selon le ministère de l’Intérieur, une vingtaine de préfectures appliquaient déjà ce principe avant sa généralisation nationale. 

Près de huit conducteurs sur dix reconnaissent utiliser leur téléphone

Le gouvernement justifie ce durcissement par la banalisation du smartphone au volant. Près de 80% des Français reconnaîtraient manipuler leur téléphone en conduisant. « Nous voulons faire comprendre que le téléphone au volant est, à lui seul, un comportement suffisamment dangereux », explique Marie-Pierre Vedrenne. 

Les chiffres de la sécurité routière montrent l’ampleur du risque : l’utilisation du téléphone multiplie par trois le risque d’accident et la lecture d’un message impose au conducteur de quitter la route des yeux pendant plusieurs secondes. Les dangers liés au portable au volant font d’ailleurs régulièrement l’objet de campagnes de prévention⁠.

Avec la généralisation de la suspension administrative, un conducteur surpris avec son téléphone tenu en main peut donc désormais, partout en France, cumuler 135 euros d’amende, trois points retirés et une suspension de son permis pouvant aller jusqu’à six mois. La durée de cette dernière reste déterminée par la préfecture et n’est donc pas automatiquement fixée au maximum. 

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