Alors que les Écologistes sortent à peine d’une semaine marquée par une série de dérapages internes, une nouvelle controverse agite le parti : plusieurs cadres proposent désormais que la formation adhère officiellement à BDS France, mouvement prônant le boycott total d’Israël. Une initiative explosive, soutenue au sein du Bureau politique par des figures comme la cheffe des députés écolos Cyrielle Châtelain, Mounir Satouri ou Sabrina Sebaihi, et qui pourrait être débattue lors du prochain conseil fédéral.
La motion vise à engager EELV dans les campagnes de Boycott, Désinvestissement et Sanctions, y compris via des actions régionales. Or, certaines antennes locales de BDS, comme à Montpellier, se sont récemment illustrées par des comportements jugés inacceptables, poussant même le maire PS Michaël Delafosse à porter plainte pour une banderole assimilant son nom aux SS nazis. Dans ce contexte, plusieurs voix internes redoutent que le parti ne franchisse une ligne rouge.
Entre tensions internes et soupçons d’antisémitisme
La proposition arrive en pleine tourmente. Lundi, une élue parisienne EELV avait cité maladroitement de Gaulle dans une formule ambiguë sur les Juifs, provoquant une levée de boucliers. Puis, mercredi, un ex-candidat suppléant écologiste a déclenché un tollé en qualifiant Israël d’ »État colonial génocidaire » sur une boucle interne, suscitant l’indignation de figures comme Yannick Jadot. L’intéressé a été rapidement écarté de la liste de diffusion.
Des responsables de la cellule interne contre l’antisémitisme, sidérés, dénoncent aujourd’hui le fait de n’avoir même pas été consultés sur cette motion BDS. « On traverse une période marquée par des mots et des actes antisémites. Et on nous court-circuite pour faire adopter une position aussi clivante ? C’est une faute », s’indigne un membre du groupe dans les colonnes de l’Express. L’épisode relance le débat sur l’orientation idéologique d’EELV, déjà fragilisé par ses alliances et son positionnement sur la guerre à Gaza.
