Le feu s’est déclaré brutalement, et en quelques heures, il a transformé le paysage. Lundi 7 juillet, en début d’après-midi, un incendie d’une rare intensité est parti d’un domaine viticole au sud-ouest de Narbonne. À 20 heures, 1 400 hectares de végétation étaient déjà partis en fumée. Des quartiers entiers de la ville ont été placés en confinement, tandis que les axes routiers majeurs ont été coupés. La préfecture a mobilisé un impressionnant dispositif d’urgence pour tenter d’enrayer la progression des flammes. Quatre cents sapeurs-pompiers ont été déployés au sol, épaulés par dix aéronefs : quatre Canadair, deux Dash, deux Air Tractor et deux hélicoptères bombardiers d’eau. La circulation a été interrompue sur les départementales 6009 et 613, mais aussi sur l’autoroute A9 entre Narbonne et Sigean dans les deux sens, ainsi que sur l’A61 entre Lézignan et Narbonne. Les habitants des quartiers de Roche-Grise, Montplaisir, Réveillon, du domaine de la Jonquières à Narbonne et de Prat-de-Cest à Bages ont été invités à rester cloîtrés chez eux.
L’abbaye de Fontfroide évacuée sous la menace
Le vent, puissant et capricieux, a compliqué la tâche des secours. À l’abbaye de Fontfroide, située à proximité du foyer, les flammes ont frôlé les bâtiments. « On voyait les flammes arriver à 200 mètres du restaurant », raconte le responsable du site. Par précaution, une centaine de visiteurs a été d’abord rassemblée dans l’église, avant d’être évacuée avec les trente collaborateurs présents. Aucun blessé n’a été signalé, mais le massif de Fontfroide, classé Natura 2000, a subi d’importants dégâts. Le vent, finalement, a soufflé dans le « bon sens », évitant le pire pour le monument historique. Mais la progression du feu a été fulgurante. L’incendie, attisé par des rafales, a franchi routes et vallons, forçant les autorités à agir vite et fort. À cette heure, l’origine exacte du sinistre n’a pas encore été déterminée. L’événement relance toutefois les inquiétudes sur la préparation face aux feux estivaux. Et face à des conditions météorologiques toujours plus extrêmes, la vigilance, elle, reste de mise.








