Leur randonnée devait être une parenthèse de nature. Elle s’est transformée en drame. Deux jeunes femmes de 19 et 20 ans ont perdu la vie mardi soir en Martinique, emportées par une soudaine montée des eaux à la cascade Didier, dans une forêt de Fort-de-France. L’île était alors placée en vigilance jaune pour fortes pluies et orages. Ce n’est que mercredi matin que le corps de la plus jeune, disparue depuis la veille, a été retrouvé plusieurs kilomètres en aval, dans le lit d’une rivière. L’autre victime avait été découverte plus tôt, à 22 h, en arrêt cardiaque. Les secours, interrompus à 1 h du matin, ont repris dès l’aube. À ce moment-là, il ne s’agissait déjà plus que de retrouver un corps.
Une randonnée qui tourne au cauchemar
Les deux jeunes femmes faisaient partie d’un groupe de neuf randonneurs venus explorer les abords de la cascade. C’est une troisième jeune femme, blessée à la tête mais encore consciente, qui a donné l’alerte vers 19 h. Ce sont ses paroles qui ont permis de comprendre l’ampleur de la catastrophe. Les secours ont déployé de gros moyens : 45 sapeurs-pompiers, des spécialistes du sauvetage en milieux périlleux, les policiers du RAID, des drones thermiques et un hélicoptère de la sécurité civile. La zone, rendue instable par les fortes précipitations des dernières semaines, s’est avérée particulièrement difficile d’accès.
Des conditions météorologiques critiques
Depuis la fin avril, la Martinique est sous des pluies régulières et parfois diluviennes. Mardi matin déjà, Météo France avait placé l’île en vigilance jaune. Ce mercredi encore, les averses étaient abondantes sur Fort-de-France. La cascade Didier, lieu prisé des promeneurs, peut devenir un piège mortel à la moindre crue. La brusque montée des eaux, imprévisible pour des non-initiés, a frappé en quelques secondes. Pour les familles, le choc est brutal. Pour les autorités, l’enquête devra déterminer si la sortie du groupe était encadrée, et si des alertes avaient été ignorées. Deux jeunes vies fauchées par l’eau, en pleine forêt tropicale. Un drame qui rappelle que la nature, parfois, ne laisse aucune seconde chance.