Il pensait recevoir un chat, il a découvert un fauve. Jérôme Le Banner, champion de kick-boxing, vient d’être condamné pour avoir hébergé un tigre à son domicile de Seine-Maritime. L’histoire, aussi improbable que vraie, s’est déroulée en 2018. Le tribunal du Havre vient de lui infliger une peine de 5 000 euros à verser à une association de protection animale. Et ce n’est pas une blague. Tout commence le 24 septembre, quand un ami, Kévin, lui propose par message de lui « ramener un tigre ». Le Banner croit à une blague potache, s’attend à voir débarquer un gros chat. Mais dans l’après-midi, trois hommes se présentent chez lui… avec un véritable tigreau, malade, amaigri, les moustaches taillées au couteau. Le champion et sa femme prennent une photo, un brin fascinés. Puis la panique prend le dessus.
Entre fascination et panique
Très vite, Jérôme Le Banner demande à ce qu’on récupère l’animal. Le trio de transporteurs – Kévin, Mohammed, Djibril – organise le retour du fauve via une certaine Clara, venue avec une cage pour chien. En chemin, le groupe envisage le pire : abandon sur l’autoroute, euthanasie sauvage, voire pire encore. Des propos rapportés à l’audience, glaçants, qui tranchent avec la naïveté initiale du sportif. Heureusement, Le Banner finit par appeler la police. L’Office français de la biodiversité récupère le tigre et le place en sécurité dans un refuge. Le tribunal correctionnel n’oublie pas pour autant la faute initiale : « détention non autorisée d’un animal d’espèce non domestique ». Le champion est reconnu coupable, tout comme sept autres prévenus.
Une peine assumée, et un nouveau rôle
La justice retient la possession du tigre pour une seule journée, tenant compte des démarches de sauvetage. Verdict : 5 000 euros à verser à la Société havraise de protection des animaux. Sa compagne et Djibril, le propriétaire initial, écopent de la même somme. Kévin prend 3 000 euros, Mohammed 2 000. Clara, 1 000 euros avec sursis. « Je trouve cette peine très juste », confie Jérôme Le Banner à ici Normandie. Il admet avoir tardé à alerter les autorités. Depuis, il est devenu parrain du refuge qui a accueilli l’animal. Une drôle de fin pour un épisode aussi absurde que dangereux. Le tigre, avant de finir dans le jardin d’un champion, avait brièvement figuré dans un clip de rap tourné à l’été 2018. Le rappeur Marouan Bigy, à l’origine de cette mise en scène, doit encore être jugé.