Neuf ans après les faits, la justice vient de trancher. Le tribunal judiciaire de Laval a condamné la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) de la Mayenne à verser 150 000 euros pour dégradations commises lors d’une manifestation en février 2016 au siège du groupe Lactalis à Laval.
Une action symbolique devenue coûteuse
En pleine crise du lait, des agriculteurs avaient pénétré dans l’enceinte du groupe et projeté plusieurs centaines d’œufs sur la façade d’un bâtiment. L’opération, destinée à dénoncer la politique d’achat du géant laitier, avait laissé des traces bien plus profondes qu’attendu : lors du nettoyage, réalisé à l’eau chaude, les œufs avaient cuit, endommageant l’isolant de la façade. Lactalis, qui réclamait près d’un million d’euros de réparation, avait déjà obtenu une première condamnation de 20 000 euros en 2017. La nouvelle décision alourdit considérablement la facture pour le syndicat agricole.
Le syndicat dénonce un « acharnement »
Dans un communiqué, la FDSEA 53 a jugé la sanction « sévère » et dénoncé une stratégie judiciaire visant à « faire taire ses fournisseurs ». Elle affirme que cette décision n’entamera pas sa détermination : « Nous continuerons à porter haut la voix des producteurs et à refuser le silence imposé par les puissants. » De son côté, Lactalis n’a pas encore réagi à cette condamnation.