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Bordeaux, procès de la fusillade aux Aubiers : une bagarre générale a éclaté

Bordeaux, procès de la fusillade aux Aubiers : une bagarre générale a éclaté
Bordeaux, procès de la fusillade aux Aubiers : une bagarre générale a éclaté

Ce lundi 12 mai, alors que s’ouvrait devant la cour d’assises de la Gironde le procès de la fusillade mortelle des Aubiers, l’atmosphère s’est tendue jusqu’à l’implosion. En fin de journée, une violente bagarre a éclaté entre jeunes issus des quartiers rivaux de Chantecrit/Saint-Louis et des Aubiers, devant les portes mêmes du palais de justice. Une scène rare et chaotique dans l’enceinte d’une cour censée incarner la solennité et le calme.

Des tensions ravivées par les rivalités de quartier

Le procès concerne huit hommes âgés de 23 à 30 ans, accusés d’être impliqués dans une série de fusillades sur fond de guerre de territoires à Bordeaux. Trois d’entre eux – Abdoulhadre Savane, Marwan Souane et Yassine Salmi – sont jugés pour le meurtre en bande organisée de Lionel Sess, un adolescent de 16 ans, tué par balle le 2 janvier 2021 dans le quartier des Aubiers. Trois autres jeunes avaient été grièvement blessés ce soir-là. Deux des accusés sont également poursuivis pour une précédente tentative de meurtre, survenue le 14 décembre 2020. Le procès, censé durer plusieurs jours, a démarré dans le calme. Mais dès la fin de l’après-midi, la tension est montée d’un cran : un groupe d’hommes, visiblement proches des accusés, a pénétré dans la salle d’audience et s’est installé au premier rang, en bloc. Moins d’un quart d’heure plus tard, à l’extérieur, les insultes ont volé, suivies de coups échangés entre groupes venus des deux quartiers. Certains ont tenté de forcer l’entrée de la salle, provoquant des dégradations et la panique. Les policiers, débordés, ont dû exfiltrer en urgence plusieurs accusés libres.

Une justice perturbée, une famille en appel au calme

Face à ces scènes, les parents de la victime ont exprimé leur colère et leur tristesse : « Nous demandons que le procès se déroule dans la sérénité. Nous ne voulons plus de violences », ont déclaré Thierry Codjia et Rose Gneba, bouleversés. De son côté, le procureur général et la présidente de la cour d’appel ont dénoncé des « incidents graves » ayant blessé plusieurs policiers et promis que le procès se poursuivrait « sous surveillance renforcée. » Ce mardi, la deuxième journée d’audience doit s’ouvrir sur l’examen de la personnalité des accusés. Tous nient leur implication dans les faits. Trois d’entre eux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Reste à savoir si la justice pourra, malgré les tensions, tenir le cap de la vérité dans un climat aussi électrique.

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