L’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban a tenu une conférence de presse mercredi devant le siège de son parti Fidesz, au lendemain d’une perquisition des enquêteurs qui ont saisi des serveurs informatiques dans le cadre d’une enquête pour corruption. Il a promis une « résistance » par tous les moyens pacifiques.
La veille au soir, Orban avait publié sur Facebook ce qu’il a lui-même qualifié de « déclaration de résistance », quelques heures après que son parti avait annoncé la saisie de matériel informatique par les enquêteurs. La perquisition s’inscrit dans une enquête sur le Fonds national pour la culture, soupçonné d’avoir servi de caisse noire au cercle proche d’Orban et de fonds parallèle pour ses campagnes électorales. L’ancien chef du gouvernement a rejeté toute irrégularité, affirmant que ce fonds n’était qu’un « prétexte » pour s’en prendre à Fidesz.
Devant les caméras mercredi, il est allé plus loin : « Ce qui s’est passé, c’est que cela a servi de prétexte pour saisir les serveurs de Fidesz. Il s’agit d’une procédure judiciaire à motivation politique, conçue pour rendre Fidesz légalement non viable, alors que le parti a clairement survécu à cette lourde défaite et se renforce. » Il a également estimé que la Hongrie avait « cessé d’être un État démocratique », comparant la situation aux dernières années de la dictature communiste de la fin des années 1980.
Orban a perdu les élections législatives du 12 avril face à Peter Magyar, son ancien allié devenu rival conservateur. Le parti Tisza de Magyar a recueilli plus de 55 % des suffrages contre près de 37 % pour Fidesz. Grâce au scrutin uninominal majoritaire à un tour, Magyar dispose désormais de 141 des 199 sièges du Parlement, soit la même supermajorité des deux tiers dont Orban avait lui-même bénéficié pendant seize ans. Fidesz ne conserve que 52 sièges.
Depuis son entrée en fonctions le 9 mai, Magyar a engagé des réformes à un rythme qui a surpris jusqu’à certains de ses propres partisans. Le président Tamas Sulyok et le président de la Cour constitutionnelle Peter Polt, tous deux considérés comme proches d’Orban, ont été écartés par voie d’amendement constitutionnel. La chaîne publique M1, accusée d’être devenue le porte-voix de Fidesz, a été brièvement suspendue avant de diffuser un message d’excuses à l’antenne pour marquer le début d’un processus de réforme. Mardi, le procureur général Gabor Balint Nagy, nommé l’an dernier, a accepté de démissionner après avoir été qualifié de « marionnette » d’Orban par le nouveau Premier ministre.
Le Parlement a par ailleurs adopté une limitation des mandats à douze ans pour l’ensemble des élus, y compris le Premier ministre. Orban affirme que cette mesure l’exclut lui-même, ainsi que la plupart des cadres historiques de Fidesz, des prochaines élections. Des poids lourds du parti ont déjà quitté la scène : le chef du groupe parlementaire Gergely Gulyas a démissionné la semaine dernière, tandis que l’ancien ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto a rejoint le constructeur automobile chinois BYD.
Sur le plan de l’opinion, un sondage de l’institut Median publié cette semaine crédite Tisza de 60 % d’intentions de vote, contre seulement 18 % pour Fidesz.
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