Les législatives suédoises du 13 septembre 2026 n’ont pas livré de verdict clair. Avec 175 sièges pour le bloc de gauche contre 174 pour la droite et l’extrême droite, le dépouillement des votes de l’étranger, attendu mercredi, sera décisif.
Une nuit électorale à rebondissements. Les premières projections donnaient une avance nette à Magdalena Andersson, 59 ans, ancienne cheffe du gouvernement qui avait quitté le pouvoir en 2022 et rêve d’y revenir. Mais l’écart s’est rapidement réduit au fil du dépouillement, jusqu’à laisser les deux blocs séparés par un seul siège dans les résultats préliminaires.
Le camp de gauche est crédité de 175 mandats, celui de la droite et de l’extrême droite de 174. Une marge si infime que le résultat définitif ne sera connu que mercredi, après le comptage des bulletins envoyés depuis l’étranger. Former un gouvernement s’annonce, dans tous les cas, extrêmement difficile.
Le premier ministre sortant Ulf Kristersson, qui gouverne depuis 2022 avec le soutien des Démocrates de Suède, ne concède pas la défaite. Son rival potentiel reste suspendu au même décompte. Une majorité pour le bloc de droite demeure mathématiquement possible, ce qui ouvrirait la voie à une entrée historique des Démocrates de Suède au gouvernement, après quatre ans de soutien extérieur à la coalition.
Ce parti, fondé en 1988 par un groupe de néonazis et dirigé par Jimmie Akesson, a toutefois reculé par rapport au scrutin de 2022, glissant de la deuxième à la troisième place avec 17,7 % des voix. L’annonce des sondages de sortie des urnes a provoqué la consternation dans ses rangs.
Ce résultat nourrit des lectures contrastées à travers l’Europe. Là où certains observateurs italiens voient un coup d’arrêt à la progression de l’extrême droite, d’autres capitales soulignent que rien n’est encore tranché et que le scénario d’une entrée des nationalistes au pouvoir reste ouvert.
Ce scrutin suédois s’inscrit dans un contexte européen marqué par la montée des formations populistes. En France, une enquête Ipsos-BVA publiée par Le Monde décrit un pays qui « coche de nombreuses cases » prédisposant à une bascule populiste : sentiment de déclin, défiance envers les élites, impression d’une mauvaise représentation du peuple. Trois nuances tempèrent néanmoins ce diagnostic : le populisme est aussi alimenté par la gauche radicale, la demande de radicalité reste minoritaire, et Marine Le Pen, créditée de 33 % à 35 % des intentions de vote, n’a encore fait face à aucune concurrence sérieuse dans son espace politique.
Le quotidien espagnol El Pais juge pour sa part que « jamais la possibilité d’une victoire de l’extrême droite en France n’a été aussi concrète », avec, selon lui, « des conséquences désastreuses pour les Français et pour tous les Européens ».

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.