Retrouvailles sous le signe de la liberté entre Boualem Sansal et Radouan Kourak
Retrouvailles sous le signe de la liberté entre Boualem Sansal et Radouan Kourak

Il y avait, ce 15 janvier, comme un parfum de liberté retrouvée dans les salons et dans la cour de la mairie du 9e arrondissement de Paris. À l’occasion d’une rencontre exceptionnelle avec des lycéens, des enseignants et des habitants du quartier, Boualem Sansal, récemment libéré après plus d’un an de détention en Algérie, retrouvait ceux qui s’étaient battus pour lui. L’écrivain Franco-algérien désormais libre a réalisé le geste symbolique de retirer de la façade de la mairie, la banderole demandant sa libération. Parmi les personnalités présentes, Arnaud Benedetti, Xavier Driencourt, Kamel Bencheikh, Jean-Michel Blanquer mais également le chef du service politique d’Entrevue Radouan Kourak, son ami de longue date, engagé sans relâche dans les médias et les cercles intellectuels pour obtenir sa libération. Les deux hommes ne s’étaient pas revus depuis la sortie de prison de l’écrivain. Cette rencontre, attendue, avait valeur de symbole autant que d’émotion intime.

Depuis des mois, Radouan Kourak n’a cessé de porter la voix de Boualem Sansal, dénonçant son emprisonnement et rappelant inlassablement ce que représente l’auteur : une conscience libre, indocile, impossible à faire taire. Aux côtés d’Arnaud Benedetti, fondateur du comité de soutien, il a même prolongé cet engagement en lançant La Nouvelle Revue Politique, un média indépendant qui a désormais pour président d’honneur Boualem Sansal. Un choix lourd de sens, tant l’écrivain incarne, au-delà de son œuvre, une exigence morale et intellectuelle rare dans le débat public contemporain.

Un déjeuner parisien comme acte de résistance tranquille

Après l’événement organisé à la mairie du neuvième arrondissement de la capitale, loin des discours et des banderoles, Radouan Kourak confia avoir simplement déjeuné avec Boualem Sansal. Un moment presque banal, et pourtant essentiel : partager un repas, marcher dans Paris, parler librement. « Retrouver les choses simples que la liberté offre en France », disait-il, évoquant ce pays où l’on peut encore débattre, écrire, s’opposer sans craindre la prison. Déjeuner dans la plus belle ville du monde avec un ami, après l’épreuve, quoi de plus classique et, en même temps, quoi de plus précieux.

Ces retrouvailles dans le 9e arrondissement n’étaient pas seulement celles d’amis. Elles disaient quelque chose de plus large : la victoire fragile mais réelle de la liberté sur l’arbitraire, et la force des engagements tenus. Boualem Sansal libre, entouré, honoré, et Radouan Kourak fidèle à ses combats, rappellent que certaines amitiés, comme certaines idées, résistent aux prisons et au temps.

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