Fabien Roussel ira jusqu’au bout. Interrogé ce samedi à la Fête de l’Humanité sur l’hypothèse d’un retrait de sa candidature pour éviter une nouvelle dispersion de la gauche, le secrétaire national du PCF a répondu sans détour : « Jamais ». Une fermeté qui ravive le spectre de 2002, lorsque la multiplication des candidatures à gauche avait contribué à l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour.
Désigné candidat par les militants communistes le 6 septembre, Fabien Roussel ne compte donc pas se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon. « Je serai toujours du côté du peuple et de ceux qui défendent leur dignité », a-t-il insisté au micro de BFMTV. Le communiste assume une campagne autonome, malgré les critiques de ceux qui lui reprochent déjà d’avoir pris des voix à Jean-Luc Mélenchon en 2022. Roussel avait alors obtenu 2,28 %, tandis que Mélenchon avait échoué à environ 420 000 voix de Marine Le Pen.
Le spectre de 2002
Cette nouvelle division de la gauche rappelle inévitablement l’élection présidentielle de 2002. Lionel Jospin avait alors été éliminé dès le premier tour avec 16,18 % des suffrages, derrière Jean-Marie Le Pen à 16,86 %. La gauche était particulièrement éclatée : Jean-Pierre Chevènement avait obtenu 5,33 %, Christiane Taubira 2,32 %, Noël Mamère 5,25 %, Robert Hue 3,37 %, Arlette Laguiller 5,72 % et Olivier Besancenot 4,25 %.
L’écart entre Lionel Jospin et Jean-Marie Le Pen n’était que d’environ 194 000 voix. Depuis, le 21 avril 2002 reste le symbole d’une gauche incapable de se rassembler et éliminée avant même le second tour. Un précédent régulièrement invoqué lorsque plusieurs candidatures issues du même camp menacent de se neutraliser.
Roussel refuse le procès en « candidature de trop »
Fabien Roussel rejette toutefois l’idée selon laquelle sa candidature serait nécessairement responsable d’une éventuelle défaite de la gauche. Le PCF assume une ligne indépendante de La France insoumise et conteste le procès déjà fait au communiste après la présidentielle de 2022.
Avec Jean-Luc Mélenchon déjà candidat, une primaire social-démocrate organisée en octobre et plusieurs autres candidatures à gauche, le risque de dispersion sera l’un des sujets majeurs de la campagne. Fabien Roussel vient en tout cas de lever toute ambiguïté : il ne se retirera pas pour faciliter une candidature unique derrière Jean-Luc Mélenchon.

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