L’Agence nationale pour la formation des adultes a subi une intrusion informatique orchestrée par deux hackers, entraînant la compromission des données personnelles de près de 1,7 million de personnes. Aucune coordonnée bancaire n’est a priori concernée, mais le risque de hameçonnage est réel.
C’est un nouvel épisode dans la série noire qui frappe les organismes publics français. L’Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa), spécialisée dans la formation professionnelle continue, a été la cible d’une cyberattaque revendiquée par deux hackers. L’agence a ouvert une enquête dès que ces derniers ont annoncé s’être emparés de ses données.
Les investigations ont rapidement permis d’identifier la faille : elle ne se situe pas dans le système d’information propre à l’Afpa, mais dans un outil tiers utilisé pour gérer ses hébergements. « Une potentielle extraction de données serait liée à une faille sur l’outil qu’on utilise pour gérer nos hébergements », a précisé Pierre Prady, directeur adjoint de l’agence. Cet outil étant administré par un prestataire extérieur, l’Afpa indique qu’il n’y a « a priori pas eu d’impact sur les services et systèmes d’information » de l’organisme lui-même.
L’ampleur exacte de la fuite reste à préciser, mais les premières estimations font état de 1,7 million de personnes potentiellement touchées. Parmi les informations dérobées figurent des noms, des adresses postales et, dans certains cas, des numéros de téléphone. Les données les plus sensibles, comme les coordonnées bancaires ou les numéros de Sécurité sociale, n’auraient « a priori » pas été compromises.
Ce périmètre limité ne doit pas pour autant rassurer les personnes concernées. Des informations d’identité et de contact suffisent à des cybercriminels pour construire des messages frauduleux crédibles : en se faisant passer pour l’Afpa ou un service administratif, ils peuvent tenter de soutirer des données plus sensibles ou de l’argent directement. Une fois revendues sur des forums clandestins, ces données alimentent des campagnes de hameçonnage ciblées, par courriel, SMS ou téléphone. L’Afpa appelle donc à la plus grande prudence face à toute sollicitation se réclamant de l’agence.
Ce piratage s’inscrit dans un contexte préoccupant pour la cybersécurité en France. Les impôts, plusieurs opérateurs de télécommunications et des mutuelles ont déjà été touchés ces derniers mois. La plateforme gouvernementale Cybermalveillance estime que près de la moitié des Français ont été victimes d’un piratage au cours de l’année écoulée. L’Afpa indique poursuivre ses investigations pour déterminer précisément l’étendue des données concernées et prévenir les personnes affectées.
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