Le Parlement letton a adopté des restrictions à l’importation visant des biens de consommation russes et bélarusses non couverts par les sanctions européennes, dont des livres, des journaux et des jeux vidéo. La mesure vise à couper les derniers liens commerciaux avec Moscou et à limiter la propagande du Kremlin.
Les amendements à la loi sur le soutien à la population civile ukrainienne, approuvés le 24 juillet, interdisent l’entrée sur le territoire letton de tout bien originaire de Russie ou de Biélorussie qui échappe encore aux sanctions, droits de douane ou restrictions commerciales de l’Union européenne. L’interdiction s’étend aux marchandises transitant par des pays tiers dès lors que leur pays d’origine est l’un des deux États visés.
Parmi les produits ciblés figurent des livres, des journaux et des jeux vidéo, que les députés considèrent comme des vecteurs potentiels de propagande et de désinformation, mais aussi des articles de sport, des jouets, des vêtements et des chaussures. La liste définitive sera arrêtée par le Cabinet des ministres ; la loi entrera en vigueur le lendemain de sa promulgation et les restrictions resteront applicables jusqu’au 1er juillet 2027.
« Afin de garantir la sécurité de la société lettone… et d’apporter un soutien général à la société ukrainienne, l’importation de certains biens industriels dans la République de Lettonie en provenance de la Fédération de Russie et de la République du Bélarus est interdite », précise le texte adopté.
Raimonds Bergmanis, président de la commission parlementaire de la Défense, des Affaires intérieures et de la prévention de la corruption, a qualifié ces amendements de « dernier outil en date pour réduire systématiquement les liens économiques avec la Russie et le Bélarus, tout en maintenant notre soutien indéfectible à l’Ukraine dans sa lutte pour la liberté et l’indépendance ».
Le vote intervient le même jour que l’adoption par l’UE de son dernier paquet de sanctions contre Moscou. La mesure lettone va toutefois plus loin que le cadre communautaire, ce qui en fait l’une des premières interdictions nationales au sein du bloc portant sur un aussi large éventail de biens de consommation russes et bélarusses.
Sur le plan économique, les importations concernées représentaient 12,5 millions d’euros en 2025, soit 6,5 % des importations lettones restantes en provenance de ces deux pays et 0,05 % du total des importations du pays.
La proposition a été élaborée par le ministère des Affaires étrangères et examinée en procédure accélérée. Le ministre de l’Économie Viktors Valainis avait fixé le cap fin mai : « La Lettonie a déjà réduit de façon significative ses liens économiques avec la Russie, mais notre objectif doit être une politique de refus totale vis-à-vis des biens de l’État agresseur. » La ministre des Affaires étrangères Baiba Braže a, quant à elle, appelé à plusieurs reprises les autres États membres de l’UE à adopter des mesures similaires, avec l’ambition de rompre tous les liens économiques avec la Russie d’ici la fin de l’année 2026.
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