Amélie de Montchalin tire la sonnette d’alarme sur le coût croissant de la dette française. Dans un entretien au Parisien, la Première présidente de la Cour des comptes appelle à « stopper la dérive de la charge d’intérêt de la dette » et considère que la France se trouve à « l’heure du choix probablement le plus important de la Ve République ». Pour l’ancienne ministre des Comptes publics, la maîtrise des finances publiques est désormais directement liée à la souveraineté du pays.
La charge de la seule dette de l’État devrait avoisiner 65 milliards d’euros en 2026, selon les dernières estimations gouvernementales, contre 59,3 milliards prévus initialement. Un montant désormais légèrement supérieur au budget de l’enseignement scolaire lorsqu’on le calcule hors pensions. La hausse des taux d’intérêt renchérit progressivement le refinancement de la dette française : les obligations arrivant à échéance doivent être remplacées par de nouveaux emprunts contractés à des conditions moins favorables qu’au cours des années de taux très faibles.
Jusqu’à 100 milliards d’euros à l’horizon 2030
La trajectoire inquiète particulièrement la présidente de la Cour des comptes. La charge des intérêts pourrait atteindre 100 milliards d’euros autour de 2030, voire davantage si les taux auxquels la France emprunte continuaient d’augmenter. Chaque euro consacré aux intérêts réduit mécaniquement les marges disponibles pour financer d’autres politiques publiques, sans pour autant diminuer le capital de la dette accumulée.
L’avertissement intervient alors que Bercy prévoit une nouvelle augmentation du ratio d’endettement. La dette publique atteindrait 119,3 % du PIB en 2026 puis 121,7 % en 2027, malgré les 54 milliards d’euros d’effort budgétaire annoncés par Sébastien Lecornu. La raison est simple : même ramené à 5 % du PIB en 2027 selon l’objectif gouvernemental, le déficit resterait suffisamment important pour continuer à alimenter la dette.
Amélie de Montchalin refuse toutefois de présenter une crise financière comme inéluctable. « La crise n’est ni certaine, ni garantie, ni la seule issue », souligne-t-elle, citant d’autres pays européens ayant réussi à stabiliser leur endettement. « Il n’y a pas de fatalité pour la France, si les choix sont rapides et responsables », assure la Première présidente de la Cour des comptes. Son avertissement intervient à quelques jours de la présentation du budget 2027, prévue en Conseil des ministres le 1er octobre.

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