Face à la hausse persistante des prix à la pompe, le gouvernement prolonge et élargit son dispositif de soutien aux automobilistes qui utilisent quotidiennement leur véhicule pour travailler. Un décret publié vendredi 16 octobre 2026 au Journal officiel officialise le renouvellement de l’indemnité carburant destinée aux « grands rouleurs » jusqu’au 31 décembre. Pour les mois d’octobre, novembre et décembre, son montant atteint désormais 100 euros, contre 50 euros pour une période équivalente dans le dispositif précédent. Cette revalorisation vise à compenser une partie des dépenses supplémentaires supportées par les salariés et les travailleurs indépendants contraints d’effectuer d’importants déplacements professionnels. Le gouvernement a également décidé d’assouplir les conditions de ressources afin d’élargir le nombre de bénéficiaires potentiels de trois millions à 5,5 millions de personnes. Cette mesure intervient dans un contexte de tensions sur les marchés pétroliers, liées notamment au conflit au Moyen-Orient, qui continuent de peser sur le budget des ménages français.
Pour bénéficier de cette indemnité, plusieurs conditions doivent être réunies. Les personnes concernées doivent être domiciliées fiscalement en France et utiliser leur véhicule personnel pour leurs déplacements professionnels. Elles doivent notamment habiter à au moins 15 kilomètres de leur lieu de travail ou parcourir plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité. Les véhicules éligibles comprennent les voitures, les motos et certains autres véhicules à moteur thermique ou hybride non rechargeable, à condition d’être assurés et de respecter les critères réglementaires. Le plafond de ressources a également été relevé : le revenu fiscal de référence de 2024 ne doit pas dépasser 22 770 euros par part fiscale. À titre indicatif, le dispositif peut désormais concerner une personne seule percevant environ 2 035 euros nets par mois, un couple avec un enfant disposant d’environ 4 070 euros et un couple avec deux enfants percevant jusqu’à 6 100 euros. Ces montants mensuels constituent des repères, l’éligibilité étant déterminée à partir de la situation fiscale du foyer. L’aide est forfaitaire et ne peut être accordée qu’une seule fois pour un même véhicule au titre de la période concernée.
Un versement automatique pour les anciens bénéficiaires, une demande en ligne pour les autres
Les automobilistes ayant déjà bénéficié de l’indemnité carburant lors de la précédente campagne n’ont aucune nouvelle démarche à effectuer. L’administration fiscale prévoit un versement automatique de 100 euros à partir du 16 octobre, directement sur le compte bancaire enregistré auprès des services des impôts. En revanche, les personnes devenues éligibles grâce à l’élargissement des critères devront déposer une demande sur le site officiel impots.gouv.fr. Les informations diffusées lors de la publication du décret annoncent l’ouverture du formulaire le 22 octobre. Les nouveaux demandeurs devront notamment renseigner leur identité, leur numéro fiscal et les caractéristiques du véhicule utilisé, tout en attestant qu’ils remplissent les conditions de déplacement professionnel. Après validation de leur dossier, le versement devrait intervenir sous une dizaine de jours. Un simulateur en ligne permet également de vérifier les principaux critères d’éligibilité avant d’engager les démarches. Cette procédure entièrement dématérialisée doit permettre à l’administration de traiter rapidement les demandes, sans imposer aux anciens bénéficiaires de renouveler leur dossier.
Cette nouvelle aide s’inscrit dans une série de mesures prises par l’exécutif pour limiter les conséquences économiques de la hausse des carburants. Les travailleurs résidant en zone rurale ou périurbaine figurent parmi les premiers concernés, notamment lorsque les transports collectifs ne permettent pas de rejoindre facilement leur lieu de travail. Pour ces ménages, les dépenses de carburant représentent une charge difficilement compressible, qui peut absorber une part importante du budget disponible. Le montant de 100 euros reste toutefois limité au regard du coût annuel des déplacements pour les automobilistes parcourant plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour. Le dispositif présente également l’avantage d’être ciblé sur les revenus et l’utilisation professionnelle du véhicule, contrairement à une réduction générale des taxes sur les carburants qui bénéficierait à l’ensemble des consommateurs. Son coût pour les finances publiques devra néanmoins être apprécié dans le cadre des mesures de soutien annoncées par le gouvernement. À quelques mois de la fin de l’année, cette prolongation constitue une réponse ponctuelle aux tensions sur les prix à la pompe, sans régler la question plus structurelle de la dépendance à l’automobile dans de nombreux territoires français.

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