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Les États-Unis quittent le Conseil de sécurité lors d’une prise de parole française

Les États-Unis quittent le Conseil de sécurité lors d’une prise de parole française
Les États-Unis quittent le Conseil de sécurité lors d’une prise de parole française

Le geste est rarissime dans l’enceinte onusienne. Les représentants américains ont quitté la salle du Conseil de sécurité dès que l’ambassadeur français Jérôme Bonnafont a commencé son intervention, lundi, lors d’une séance consacrée notamment au conflit en Ukraine. L’ambassadeur américain adjoint Dan Negrea a aussitôt justifié ce départ.

« Un membre de ce Conseil joue l’indignation morale et prétend donner des leçons à tout le monde sur tous les sujets, que ce soit concernant le conflit dont nous discutons encore aujourd’hui, ou des questions non liées à la paix et la sécurité, comme les droits humains. C’est pour cela que nous sommes sortis lors de l’intervention de la France », a-t-il déclaré, dénonçant une « posture hypocrite lassante » que Washington avait jusqu’ici « tolérée » par respect entre membres permanents.

La crise couvait depuis vendredi. Les États-Unis avaient alors voté à l’Assemblée générale contre le renouvellement du mandat du Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, aux côtés de la Corée du Nord, de la Russie, du Nicaragua et du Mali. La mission française auprès des Nations unies à Genève avait réagi sur X : « Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Isolés. Et le monde ne les écoute plus. »

Dan Negrea a réfuté cette lecture point par point. « Nous nous sommes tenus aux côtés de cet État membre lors de chaque conflit qui menaçait ses libertés », a-t-il affirmé, ajoutant que les États-Unis refuseraient d’accorder à Paris « le privilège de les écouter » tant que la France ne renoncerait pas à sa « rhétorique condescendante et irrespectueuse ».

Jérôme Bonnafont a répondu avec sobriété, rappelant le 250e anniversaire des États-Unis et le rôle historique de la France dans leur indépendance. Il a réaffirmé que Paris travaillait à l’ONU « pour préserver cette institution, son indépendance, sa capacité d’action au service de la charte, au service des droits de l’Homme, et au service de la paix ».

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