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Sécheresse historique au Liban : le plus grand réservoir du pays à sec, l’agriculture et l’électricité en péril

Sécheresse historique au Liban : le plus grand réservoir du pays à sec, l’agriculture et l’électricité en péril
Sécheresse historique au Liban : le plus grand réservoir du pays à sec, l’agriculture et l’électricité en péril

Le Liban fait face à la pire sécheresse de son histoire, avec des conséquences dramatiques pour l’agriculture, l’approvisionnement en eau potable et la production d’électricité. Le niveau du lac Qaraoun, principal réservoir du pays situé sur le fleuve Litani, a atteint des niveaux historiquement bas, dans un contexte de changement climatique aggravé et de précipitations exceptionnellement faibles.

Selon l’Autorité nationale du fleuve Litani, les apports d’eau durant la dernière saison des pluies n’ont pas dépassé 45 millions de mètres cubes, contre une moyenne annuelle de 350 millions. En 2024, ce chiffre atteignait encore 230 millions. À ce jour, environ 61 millions de mètres cubes d’eau restent stockés dans le réservoir, mais sont déclarés impropres à l’usage en raison d’une pollution sévère. Les centrales hydroélectriques qui en dépendent ont dû être fermées, intensifiant le rationnement de l’électricité à travers le pays.

« Il y a eu des années sèches par le passé, mais celle-ci est la plus critique que nous ayons connue », a déclaré Sami Alawieh, directeur de l’autorité fluviale. Il évoque un double facteur aggravant : la baisse drastique des précipitations et la surexploitation des nappes phréatiques. L’autorité pointe également la hausse des températures et l’allongement des saisons sèches comme des signes directs du changement climatique, qui entraînent une perte accélérée d’humidité des sols et une diminution du renouvellement des eaux souterraines.

Des images prises par drone révèlent un paysage alarmant autour du lac Qaraoun : rivages asséchés, terre craquelée, végétation morte. Dans la vallée fertile de la Bekaa, les agriculteurs sont en première ligne. « Je n’ai jamais vu une telle sécheresse », témoigne Safa Issa, habitant de Qaraoun. « Il y a dix ans encore, il neigeait jusqu’à un mètre. Aujourd’hui, c’est fini. » Son voisin, Fayez Omais, décrit des irrigations intermittentes dictées par l’approvisionnement erratique en électricité : « On irrigue trois heures, puis on arrête trois heures. »

Face à cette urgence, Suzy Hoayek, conseillère au ministère de l’Énergie et de l’Eau, a annoncé le lancement imminent d’une campagne nationale de sensibilisation pour réduire la consommation d’eau. « Le plus important désormais, c’est de gérer la demande », a-t-elle affirmé, dans un pays où les infrastructures sont déjà sous tension.

Alors que la crise hydrique libanaise s’aggrave d’année en année, cette sécheresse sans précédent met en lumière l’urgence d’une stratégie nationale de gestion de l’eau et d’adaptation climatique. Le Liban, déjà fragilisé par une crise économique majeure, voit une ressource vitale lui échapper inexorablement.

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