L’armée du Soudan du Sud a ordonné l’évacuation immédiate de civils ainsi que du personnel de la mission de l’ONU et d’organisations humanitaires dans trois comtés de l’État de Jonglei, avant le lancement d’une opération militaire contre les forces d’opposition.
Dans un communiqué publié dimanche, les Forces de défense du peuple du Sud-Soudan ont annoncé qu’une opération baptisée « paix durable » était imminente. Les civils vivant dans les comtés de Nyirol, Uror et Akobo ont été sommés de se déplacer vers des zones contrôlées par le gouvernement, tandis que le personnel de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud et des ONG a reçu l’ordre d’évacuer sous 48 heures.
Ces décisions interviennent alors que les combats se sont intensifiés dans l’est du pays, notamment à Jonglei, où l’armée affronte des combattants fidèles à l’Armée populaire de libération du Soudan-en-opposition. La région connaît depuis plusieurs mois les violences les plus graves observées depuis 2017, selon les Nations unies.
Une porte-parole de la MINUSS a indiqué que les Casques bleus présents à Akobo restaient sur place et poursuivaient leurs efforts de désescalade, sans préciser si du personnel onusien se trouvait encore dans les autres comtés concernés.
La semaine dernière, le SPLA-IO a appelé ses forces à marcher sur Juba, signalant une escalade majeure du conflit. Plus tôt en janvier, ses combattants se sont emparés de la ville de Pajut, une avancée perçue comme une menace directe pour la capitale régionale Bor.
Dans un communiqué distinct, la MINUSS a indiqué qu’environ 180 000 personnes avaient déjà été déplacées dans l’État de Jonglei et a exhorté les dirigeants sud-soudanais à faire passer les intérêts de la population avant tout en mettant fin aux combats. L’ONG Médecins Sans Frontières a confirmé avoir évacué une partie de son personnel d’Akobo en raison de la dégradation rapide de la situation sécuritaire.
Les forces du SPLA-IO, dirigées par le vice-président Riek Machar, avaient déjà affronté l’armée durant la guerre civile de 2013 à 2018, un conflit marqué par des violences ethniques qui a fait environ 400 000 morts. Un accord de paix signé en 2018 avait permis une accalmie relative, aujourd’hui remise en cause par la reprise des affrontements.