L’affaire Thélyson Orélien continue de s’étendre à ses écrits antérieurs. Après les accusations concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans C’était ça ou mourir et plusieurs cas de plagiat attribués à l’écrivain, un nouveau texte est désormais mis en cause. Cette fois, les accusations concernent un poème intitulé Déchirures, publié sur son blog et présenté sous son nom.
Selon les éléments diffusés ce week-end, Déchirures serait constitué de passages provenant de trois grands noms de la poésie japonaise : Ryōkan, Ono no Komachi et Minamoto no Sanetomo. Cette nouvelle accusation repose sur des rapprochements effectués entre le poème de Thélyson Orélien et des textes attribués à ces trois auteurs.
Elle apparaît quelques jours après les premières accusations de plagiat visant d’anciens écrits de Thélyson Orélien, qui avaient déjà considérablement élargi une affaire initialement centrée sur son roman C’était ça ou mourir.
Trois poètes japonais au cœur des nouvelles accusations
Les trois auteurs auxquels des passages de Déchirures sont désormais attribués appartiennent à des périodes très différentes de l’histoire littéraire japonaise. Ono no Komachi, qui a vécu au IXe siècle, est l’une des grandes figures de la poésie classique japonaise. Minamoto no Sanetomo, né en 1192 et mort en 1219, est connu à la fois comme troisième shogun de Kamakura et comme poète. Ryōkan, né en 1758 et mort en 1831, est un moine zen et poète japonais dont les œuvres ont fait l’objet de nombreuses traductions.
L’accusation porte donc sur plusieurs textes anciens qui auraient été réunis pour former un poème publié sous le nom de Thélyson Orélien. Pour établir définitivement un plagiat, il faudrait toutefois disposer de l’intégralité de Déchirures, identifier précisément les versions et traductions des poèmes japonais concernées et comparer les passages correspondants. À ce stade, il s’agit donc d’une nouvelle accusation de plagiat.
Les anciens textes de Thélyson Orélien examinés à leur tour
Cette nouvelle affaire prolonge les recherches menées depuis plusieurs jours dans les archives de l’écrivain. Plusieurs textes publiés au cours des années 2010 ont déjà fait l’objet de rapprochements avec des œuvres antérieures. Les accusations ne concernent donc désormais plus seulement son dernier roman.
L’affaire avait commencé autour de C’était ça ou mourir et de soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle. Thélyson Orélien a catégoriquement contesté cette accusation et assuré : « Je n’ai jamais utilisé l’intelligence artificielle pour produire des textes. »
Les détecteurs d’intelligence artificielle ne permettent cependant pas, à eux seuls, d’établir avec certitude les conditions dans lesquelles un texte a été écrit. Les accusations de plagiat constituent un dossier différent puisqu’elles reposent sur la comparaison entre des passages publiés sous le nom de l’auteur et des textes antérieurs.
L’Académie Goncourt a retiré son roman
La polémique a déjà eu des conséquences importantes sur le parcours littéraire de Thélyson Orélien. Vendredi 25 septembre, l’Académie Goncourt a retiré C’était ça ou mourir de sa sélection pour le Prix Goncourt 2026.
Quelques jours auparavant, le roman figurait encore parmi les ouvrages en lice pour plusieurs récompenses littéraires. C’était ça ou mourir avait notamment remporté le Prix du Roman Fnac 2026 le 21 septembre.
Le retrait de la sélection du Goncourt a donc marqué un tournant dans l’affaire. Les interrogations autour de l’utilisation éventuelle de l’intelligence artificielle ont été rejointes par des accusations concernant directement l’originalité de plusieurs écrits attribués à l’auteur.
Une tournée suspendue au Canada
Au Canada, l’éditeur Boréal a également pris ses distances avec la promotion du livre. La tournée promotionnelle de Thélyson Orélien a été suspendue et sa présence au Salon du livre de Québec annulée. Ces annulations ont précédé la décision de l’Académie Goncourt. Le roman reste néanmoins commercialisé et aucune annonce publique n’a, à ce stade, fait état d’un retrait du Prix du Roman Fnac.
« Déchirures » ouvre un nouveau volet
La mise en cause de Déchirures ajoute désormais un texte supplémentaire au dossier. L’accusation est particulièrement documentée sur l’origine supposée des passages : trois poètes japonais, Ryōkan, Ono no Komachi et Minamoto no Sanetomo. Si la comparaison intégrale des textes confirme les correspondances annoncées, Déchirures viendra s’ajouter aux écrits de Thélyson Orélien déjà contestés depuis le début de la polémique.
