Une phrase d’Emmanuel Macron à la tribune de l’ONU a déclenché une réponse particulièrement violente de Benjamin Netanyahu. Mardi soir à New York, le président français a affirmé que « le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie », au moment de dénoncer la politique israélienne dans le territoire palestinien. Quelques heures plus tard, le Premier ministre israélien a directement attaqué cette déclaration : « L’absurdité grotesque des propos d’Emmanuel Macron est sidérante. »
Le gouvernement israélien ne s’est pas arrêté là. Pour répondre au chef de l’État français, il a rappelé les attaques menées en Cisjordanie par des membres ou des cellules liées au Hamas et accusé Emmanuel Macron d’effacer la réalité de ces violences. « L’ignorance n’est pas une excuse pour effacer leur sang », a lancé le bureau de Benjamin Netanyahu.
« Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie » : la phrase de Macron immédiatement contestée
Emmanuel Macron consacrait une partie de son intervention devant l’Assemblée générale des Nations unies à la situation en Cisjordanie lorsqu’il a prononcé la phrase qui a déclenché la colère du gouvernement israélien.
Dénonçant les opérations israéliennes et les violences commises dans le territoire, il a déclaré : « Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. »
Prise au pied de la lettre, cette affirmation est inexacte. Le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie, contrairement à la bande de Gaza avant la guerre déclenchée après les massacres du 7 octobre 2023, mais le mouvement islamiste y possède depuis longtemps des réseaux et des cellules armées.
Des attaques commises en Cisjordanie ont également été revendiquées par sa branche armée. En janvier 2025, les Brigades Ezzedine al-Qassam avaient notamment revendiqué avec le Jihad islamique et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa une attaque ayant fait trois morts israéliens près d’Al-Funduq.
Netanyahu sort le cas d’un Franco-Israélien tué deux jours auparavant
Benjamin Netanyahu a choisi un exemple beaucoup plus récent pour répondre directement à Emmanuel Macron.
Deux jours seulement avant le discours du président français, Netanel Shukrun, un Franco-Israélien père de six enfants, avait été tué par balles dans sa voiture en Cisjordanie.
Le bureau du Premier ministre israélien a immédiatement utilisé cette attaque pour répondre à Macron : « Dimanche, à la veille de Yom Kippour, il y a seulement deux jours, Netanel Shukrun, un CITOYEN FRANÇAIS et père de six enfants, a été assassiné dans sa voiture par un terroriste du Hamas en Judée-Samarie. »
Selon les autorités israéliennes, au moment de l’attaque, Netanel Shukrun aurait demandé à son fils de prendre la fuite. Puis Benjamin Netanyahu a poursuivi : « Des terroristes du Hamas commettent presque quotidiennement des attaques contre des Juifs. Ils ont assassiné d’innombrables civils israéliens en Judée-Samarie. » Et de conclure par cette attaque personnelle contre le président français : « L’ignorance n’est pas une excuse pour effacer leur sang. »
Paris obligé de préciser les propos de Macron
La formulation employée par Emmanuel Macron a rapidement nécessité une précision de la diplomatie française. Un responsable français a expliqué après le discours que le chef de l’État voulait en réalité dire que le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie, et non qu’il n’y avait jamais mené d’activités ou d’attaques.
La nuance est importante. La Cisjordanie n’est effectivement pas administrée par le Hamas. Une partie du territoire est administrée par l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, adversaire politique du mouvement islamiste. Mais l’absence du Hamas au pouvoir ne signifie pas son absence du territoire. Israël mène régulièrement des opérations contre des cellules présentées comme liées au Hamas, notamment à Jénine, Naplouse ou Tulkarem.
Macron avait lancé une attaque très dure contre la politique israélienne
Avant cette polémique, Emmanuel Macron avait lui-même prononcé un discours particulièrement sévère envers le gouvernement israélien. À propos de Gaza, il a demandé : « Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? »
Le président français a également évoqué un « spectacle qui nous fait honte à tous », dénonçant la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne et réclamant que l’aide puisse parvenir à la population.
Emmanuel Macron a parallèlement défendu la solution à deux États et dénoncé les politiques risquant selon lui de rendre impossible la création d’un État palestinien. La position française sur Israël et la Palestine provoque depuis plusieurs mois de fortes tensions avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
« L’absurdité grotesque de ces propos est sidérante »
La réplique israélienne a été d’autant plus brutale qu’elle s’est concentrée sur une phrase précise du discours de Macron plutôt que sur l’ensemble de sa politique au Proche-Orient. Le bureau de Netanyahu a ainsi déclaré : « L’absurdité grotesque des propos d’Emmanuel Macron est sidérante. »
La formule employée par Macron sur le Hamas a offert au gouvernement israélien un angle particulièrement facile pour lui répondre : des membres et des cellules du mouvement islamiste ont effectivement opéré en Cisjordanie et plusieurs attaques lui ont été attribuées ou revendiquées par sa branche armée. La précision apportée ensuite par Paris, expliquant que Macron parlait en réalité de l’absence du Hamas au pouvoir en Cisjordanie, ne change pas les mots prononcés devant l’Assemblée générale.
Un nouveau choc frontal entre Macron et Netanyahu
L’épisode marque une nouvelle confrontation entre les deux dirigeants. Leurs relations se sont fortement détériorées autour de Gaza, de la Cisjordanie et de la reconnaissance par la France de l’État palestinien. Benjamin Netanyahu a régulièrement accusé la politique française d’encourager les adversaires d’Israël. Emmanuel Macron défend pour sa part une ligne fondée sur la sécurité d’Israël, la libération des otages, le rejet du Hamas et la création d’un État palestinien. La politique israélienne en Cisjordanie est devenue l’un des principaux points de friction entre Paris et Jérusalem.
Cette fois, la confrontation a pris une tournure très personnelle. À une phrase catégorique d’Emmanuel Macron sur le Hamas en Cisjordanie, Benjamin Netanyahu a répondu en citant le meurtre d’un ressortissant français survenu deux jours plus tôt et en accusant directement le président français d’« ignorance ».

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