Des rapports médiatiques israéliens ont révélé que le chef du service de sécurité intérieure (Shabak), Ronen Bar, envisage de présenter sa démission dans les semaines à venir, et ce malgré une décision contraignante de la Cour suprême lui ordonnant de rester en poste.
Selon un reportage diffusé par la chaîne israélienne Channel 12, Bar a informé plusieurs proches ces derniers jours de son intention de démissionner, estimant que la crise persistante autour de son poste nuit gravement au fonctionnement de cet organe de sécurité sensible.
Ce développement survient après une série d’événements déclenchés le mois dernier, lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahou a pris la décision sans précédent de limoger Bar. La semaine dernière, la Cour suprême est intervenue et a émis une ordonnance provisoire obligeant Bar à poursuivre son travail, tout en accordant au gouvernement et au procureur général un délai jusqu’au 20 avril pour trouver une solution à la crise juridique découlant de cette décision.
Il est prévu que Bar soumette un mémo officiel à la Cour la semaine prochaine pour détailler sa décision de démissionner ainsi que la date à laquelle il compte quitter ses fonctions.
Netanyahou avait justifié sa décision de limoger Bar en mars dernier en affirmant qu’il avait « perdu confiance en lui », un précédent inédit dans l’histoire d’Israël, aucun chef du Shabak n’ayant jamais été démis auparavant.
Cependant, les opposants à cette décision évoquent de possibles conflits d’intérêts, le Shabak menant actuellement des enquêtes contre plusieurs proches de Netanyahou accusés d’avoir travaillé pour le compte du Qatar alors qu’ils occupaient des fonctions dans son bureau.
Des analystes politiques accusent également Netanyahou de chercher à faire porter à Bar la responsabilité de l’échec des services de sécurité dans la prévention de l’attaque du 7 octobre menée par le Hamas, alors qu’il tente lui-même d’échapper à toute responsabilité personnelle dans cette grave faille sécuritaire.