Les élections sénatoriales se tiendront dimanche 27 septembre avec le renouvellement de 178 des 348 sièges du Palais du Luxembourg. C’est la série 2 qui est concernée : 63 circonscriptions territoriales, auxquelles s’ajoutent six sièges représentant les Français établis hors de France. Au total, 1 686 candidats sont enregistrés. Les nouveaux sénateurs seront élus pour six ans et prendront leurs fonctions le 1er octobre.
Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas élus directement par l’ensemble des citoyens. Le scrutin repose sur un collège de « grands électeurs », composé à 95 % de maires, adjoints et conseillers municipaux. Les municipales de mars dernier jouent donc un rôle déterminant dans les rapports de force. Dans les circonscriptions élisant un ou deux sénateurs, le vote se déroule au scrutin majoritaire ; à partir de trois sièges, la représentation proportionnelle s’applique. Cette année, 119 sièges seront attribués à la proportionnelle et 59 au scrutin majoritaire.
Le RN vise pour la première fois la création d’un groupe
L’un des enjeux les plus observés concerne le Rassemblement national. Le parti ne compte actuellement que trois sénateurs — Christopher Szczurek, Joshua Hochart et Aymeric Durox — alors que dix élus sont nécessaires pour constituer un groupe politique. Le RN et son allié UDR présentent des candidats dans la quasi-totalité des territoires renouvelables, avec 54 candidatures RN et sept UDR en position de tête ou de titulaire selon leur direction de campagne. Le parti affiche clairement son objectif de franchir le seuil des dix, tout en reconnaissant que celui-ci n’est pas acquis.
La droite traditionnelle reste, elle, la première force du Sénat. Le groupe Les Républicains compte actuellement 131 membres en incluant apparentés et rattachés, devant le groupe Socialiste, écologiste et républicain avec 64 sénateurs et l’Union centriste avec 59. Les responsables LR interrogés ces derniers mois ont reconnu que la progression du RN lors des municipales pouvait leur coûter plusieurs sièges, tout en affirmant que la majorité sénatoriale de droite et du centre n’était pas menacée selon leurs propres projections.
Le camp présidentiel joue aussi une partie importante
Le scrutin sera également suivi de près par le groupe RDPI, historiquement lié à Emmanuel Macron. Il compte aujourd’hui 19 sénateurs et plus de la moitié de ses membres sont concernés par le renouvellement. Le groupe rassemble des élus Renaissance mais aussi plusieurs sénateurs ultramarins, ce qui rend notamment les résultats outre-mer importants pour son maintien. À sept mois de la présidentielle, la question de son avenir après Emmanuel Macron se pose également, alors que les différentes composantes du centre préparent déjà l’après-2027.
À gauche, le PS cherche à conserver son statut de deuxième groupe du Sénat, tandis que les écologistes et les communistes défendent leurs positions dans plusieurs territoires. Au-delà du nombre de sièges remporté par chaque parti, les sénatoriales détermineront aussi la répartition des responsabilités au Palais du Luxembourg : dès le 1er octobre, les sénateurs éliront à bulletin secret le président du Sénat, avant le renouvellement du bureau et des commissions dans les jours suivants. Le scrutin de dimanche constituera ainsi la dernière grande élection nationale avant la présidentielle de 2027.

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