Après des années de retards, de suppressions de trains et de perturbations à répétition, la SNCF promet d’améliorer la qualité des transports franciliens. Jeudi 15 octobre, SNCF Voyageurs et Île-de-France Mobilités ont approuvé un nouveau contrat couvrant la période 2026-2030, accompagné d’un programme d’investissements de 7,2 milliards d’euros. L’objectif est de moderniser les équipements, de renouveler les trains vieillissants et surtout d’améliorer la ponctualité des RER et des lignes Transilien. Avec une enveloppe en hausse de 20 % par rapport au précédent contrat, les deux partenaires affichent des ambitions renforcées. Mais pour les millions d’usagers qui empruntent quotidiennement ces réseaux, les améliorations annoncées ne seront pas immédiates. La plupart des objectifs sont fixés à l’horizon 2030, ce qui laisse encore plusieurs années aux voyageurs pour constater les effets concrets de ces engagements.
Le programme financier prévoit notamment 4,4 milliards d’euros pour l’acquisition de nouveaux trains, plus d’un milliard pour la rénovation du matériel existant et 1,2 milliard pour la modernisation des ateliers de maintenance. À cela s’ajoutent 160 millions d’euros destinés aux équipements de vente de titres de transport et 135 millions pour améliorer l’information des voyageurs. Ces investissements doivent répondre à plusieurs faiblesses structurelles du réseau francilien. Certaines lignes restent pénalisées par des rames anciennes, des incidents techniques réguliers et des installations de maintenance insuffisamment adaptées. Les nombreux chantiers nécessaires à la modernisation des infrastructures compliquent également l’exploitation quotidienne. En augmentant les moyens consacrés au matériel roulant et à son entretien, les responsables espèrent limiter les pannes et réduire les interruptions de circulation. Cette stratégie repose cependant sur un calendrier industriel exigeant, notamment pour la livraison et la mise en service des nouvelles rames.
Le RER B dans le viseur, des objectifs encore modestes
Le RER B fait partie des lignes particulièrement concernées par ce nouveau contrat. Son objectif de ponctualité, fixé à 89 % en 2026, devra atteindre 90 % en 2027 et 2028, puis 90,5 % en 2029 et 91 % en 2030. Une progression qui peut paraître relativement limitée au regard des difficultés rencontrées par les voyageurs. Même avec 91 % de ponctualité, près d’un trajet sur dix resterait en dehors du critère retenu pour mesurer la régularité du service. L’arrivée des nouvelles rames MI20, construites par Alstom, doit contribuer à améliorer la fiabilité de cette ligne stratégique. Les autres RER sont également concernés. Le RER C devra atteindre 91 % de ponctualité en 2030, tout comme le RER D, tandis que le RER E vise 95 % après son prolongement vers Mantes-la-Jolie et le déploiement complet des trains de nouvelle génération. Les lignes K, N, P, U et V seront soumises à des objectifs compris entre 91 % et 95 %, tandis que le RER A conservera son seuil de 95 %. Ces chiffres montrent que la SNCF privilégie une amélioration progressive plutôt qu’une transformation immédiate des performances.
Le nouveau contrat renforce également les mécanismes de suivi et de contrôle. Île-de-France Mobilités disposera de relevés hebdomadaires et mensuels pour surveiller plus précisément la ponctualité et mesurer les progrès réalisés par l’exploitant. Les dispositifs de remboursement des voyageurs sont par ailleurs maintenus. En cas de dégradation prolongée du service, de grève de longue durée ou de perturbations exceptionnelles, les usagers concernés pourront continuer à bénéficier d’un dédommagement pouvant atteindre une fois et demie le prix de leur forfait Navigo mensuel, selon les conditions prévues. Ces garanties constituent un moyen de responsabiliser l’opérateur, mais elles ne remplacent pas la nécessité d’améliorer réellement les déplacements quotidiens. Pour la SNCF, le défi sera donc de transformer les milliards annoncés en résultats visibles, alors que les attentes sont particulièrement fortes sur les lignes les plus fréquentées. L’augmentation des investissements constitue un signal positif, mais la réussite du contrat se mesurera moins au montant des dépenses engagées qu’à la diminution effective des retards, des trains supprimés et des incidents subis par les Franciliens.

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