Après les livreurs à vélo et les livreurs en scooter, place aux livreurs en drone… à 6 000 mètres d’altitude. Sur le mont Everest, des compagnies d’expédition s’apprêtent à tester un nouveau service de transport express, destiné non pas aux alpinistes en quête d’un McFlurry, mais aux sherpas, ces porteurs de l’extrême qui risquent leur vie à chaque ascension.
Dès avril, les premiers essais vont être réalisés sur le toit du monde, avec des drones capables de transporter jusqu’à 15 kg. Leur mission ? Acheminer bouteilles d’oxygène, médicaments et échelles pour tracer les voies d’escalade. Objectif : éviter aux sherpas de se coltiner sept heures de montée à pied pour apporter du matériel. Le drone, lui, fait le trajet en quinze minutes chrono. C’est un peu comme si votre livreur Deliveroo trouvait enfin la bonne sonnette du premier coup.
Le projet est pris très au sérieux : la cascade de glace du Khumbu, passage obligé des alpinistes, devient de plus en plus dangereuse avec le réchauffement climatique. En 2023, trois guides y ont perdu la vie dans une avalanche. Les sherpas, qui empruntent cet itinéraire une quarantaine de fois par saison, sont en première ligne. D’où l’idée de les soulager en automatisant une partie des trajets.
Depuis un an, des tests ont été menés avec deux drones offerts par le fabricant chinois DJI. En avril 2024, ces machines volantes ont déjà acheminé trois bouteilles d’oxygène et du matériel à 6 000 mètres d’altitude.
Mais certains voient encore plus grand : et si ces drones pouvaient aussi livrer des repas chauds en haut de l’Everest ? Ce n’est pas une blague : en Chine, des livraisons aériennes sont déjà testées sur la montagne Muztagata, et au Népal, des plats chauds ont été envoyés en six minutes au sommet du mont Ama Dablam, contre six heures à pied.
Le jour où un alpiniste postera un selfie avec une pizza quatre fromages au sommet du monde, on saura que la haute montagne a vraiment changé d’ère.