Pas de douleur, pas nécessairement de fatigue et parfois aucun signe pendant des années : l’hypertension artérielle peut endommager progressivement les artères et plusieurs organes sans provoquer de symptôme évident. Une particularité qui explique pourquoi mesurer sa tension reste indispensable pour découvrir cette maladie extrêmement fréquente.
La pression artérielle correspond à la force exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle varie naturellement au cours de la journée selon l’activité physique, le stress, le sommeil ou encore les émotions. Le problème apparaît lorsqu’elle reste durablement trop élevée. Le cœur doit alors travailler dans des conditions moins favorables tandis que les vaisseaux sanguins subissent progressivement les effets de cette pression excessive. L’hypertension constitue ainsi un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires.
Une maladie souvent découverte par hasard
Contrairement à une idée répandue, avoir de l’hypertension ne provoque pas nécessairement des maux de tête, des vertiges ou des saignements de nez. Ces manifestations peuvent exister dans certaines situations, notamment lorsque la pression devient extrêmement élevée, mais la plupart des personnes hypertendues peuvent ne ressentir aucun symptôme spécifique. La maladie est donc souvent découverte lors d’une consultation pour une autre raison ou à l’occasion d’une mesure de routine.
Une seule mesure élevée ne suffit toutefois pas toujours à poser le diagnostic. Le stress d’une consultation peut temporairement faire grimper la pression artérielle, phénomène parfois appelé « effet blouse blanche ». Les médecins peuvent donc demander plusieurs mesures espacées, une automesure à domicile ou un enregistrement pendant 24 heures. Cette répétition permet de déterminer si la pression reste réellement trop élevée dans la vie quotidienne.
Cœur, cerveau, reins : pourquoi il faut la traiter
Lorsqu’elle persiste pendant des années, une hypertension non contrôlée augmente notamment le risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie coronarienne. Elle peut également favoriser une insuffisance cardiaque, endommager progressivement les reins et atteindre les petits vaisseaux de différents organes. C’est précisément parce que ces complications peuvent se développer silencieusement qu’attendre l’apparition de symptômes avant de surveiller sa tension n’est pas une bonne stratégie.
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’hypertension : âge, antécédents familiaux, surpoids, consommation excessive de sel, manque d’activité physique ou consommation importante d’alcool notamment. Dans une majorité des cas, aucune cause unique n’explique toutefois la maladie. Plus rarement, une hypertension peut être secondaire à une maladie rénale, hormonale ou à certains médicaments, ce que le médecin peut rechercher selon le contexte.
La prise en charge associe des modifications du mode de vie et, lorsque cela est nécessaire, des médicaments antihypertenseurs. Réduire une consommation excessive de sel, pratiquer régulièrement une activité physique, perdre du poids lorsqu’elle est indiquée et limiter l’alcool peuvent contribuer au contrôle de la pression artérielle. Plusieurs familles de médicaments permettent parallèlement d’agir par des mécanismes différents, et certaines personnes doivent en associer plusieurs pour atteindre leur objectif tensionnel.
L’hypertension possède finalement une caractéristique trompeuse : on peut parfaitement se sentir en excellente santé alors que sa pression artérielle reste trop élevée depuis plusieurs années. La mesurer régulièrement, particulièrement avec l’avancée en âge ou en présence de facteurs de risque cardiovasculaire, permet de repérer ce que les symptômes ne révèlent pas. Dans ce domaine, se sentir bien ne remplace tout simplement pas le tensiomètre.

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