Il peut progresser silencieusement pendant longtemps. Le diabète de type 2 provoque parfois peu de symptômes au début, alors même qu’un excès chronique de glucose commence à endommager l’organisme. Comment cette maladie apparaît-elle, quels signes peuvent alerter et pourquoi le dépistage est-il si important ?
Lorsque nous mangeons, une partie des glucides contenus dans les aliments est transformée en glucose, qui passe ensuite dans le sang. Pour permettre aux cellules d’utiliser cette énergie, notre organisme dispose d’une hormone essentielle : l’insuline, produite par le pancréas. Dans le diabète de type 2, cette mécanique devient progressivement moins efficace.
Quand l’organisme répond moins bien à l’insuline
Au début de la maladie, les cellules peuvent devenir moins sensibles à l’action de l’insuline : c’est ce que l’on appelle l’insulinorésistance. Le pancréas tente alors de compenser en produisant davantage d’insuline. Pendant un certain temps, cette stratégie peut fonctionner. Mais progressivement, l’organisme ne parvient plus à maintenir une glycémie normale. Le glucose reste alors en quantité excessive dans le sang.
Contrairement au diabète de type 1, qui résulte d’une destruction des cellules produisant l’insuline par un mécanisme auto-immun, le diabète de type 2 apparaît généralement progressivement et résulte d’une combinaison de facteurs génétiques, métaboliques et environnementaux.
Pourquoi peut-on ne rien ressentir ?
C’est précisément l’un des problèmes. Une glycémie trop élevée ne provoque pas nécessairement une douleur ou un symptôme spectaculaire au début. Une personne peut donc continuer sa vie normalement tout en présentant un diabète qui n’a pas encore été diagnostiqué.
Lorsque les symptômes apparaissent, ils peuvent comprendre une soif importante, des envies fréquentes d’uriner, une fatigue inhabituelle, une vision trouble ou des infections répétées. Une perte de poids inexpliquée peut également survenir lorsque le diabète est très déséquilibré. Mais l’absence de ces symptômes ne garantit absolument pas l’absence de diabète.
Une simple prise de sang peut le révéler
Le diagnostic repose notamment sur la mesure de la glycémie. Un autre examen très utilisé est l’hémoglobine glyquée, ou HbA1c. Contrairement à une glycémie qui fournit une photographie à un moment précis, l’HbA1c permet d’estimer l’exposition moyenne au glucose au cours des dernières semaines.
Selon les résultats et le contexte, le médecin peut demander de confirmer certaines mesures avant d’établir le diagnostic. Il existe également une situation intermédiaire dans laquelle la glycémie est anormalement élevée sans atteindre les critères diagnostiques du diabète. On parle couramment de prédiabète.
C’est une période particulièrement intéressante pour agir sur les facteurs modifiables.
Pourquoi une glycémie élevée est-elle dangereuse ?
Le problème du diabète n’est pas simplement d’avoir « trop de sucre » sur une prise de sang.
Sur le long terme, l’hyperglycémie peut endommager les vaisseaux sanguins et différents organes.
Les personnes diabétiques présentent notamment un risque accru de maladies cardiovasculaires. Les reins peuvent également être atteints, tout comme les nerfs périphériques et les petits vaisseaux de la rétine.
C’est pourquoi le suivi du diabète ne se résume pas au contrôle de la glycémie. Pression artérielle, cholestérol, fonction rénale, pieds et yeux peuvent également faire l’objet d’une surveillance.
Qui présente davantage de risques ?
Le risque augmente notamment avec l’âge, les antécédents familiaux et certaines prédispositions génétiques. Le surpoids, particulièrement lorsqu’il s’accompagne d’un excès de graisse abdominale, ainsi que la sédentarité sont également associés à une augmentation du risque.
Mais il serait faux de considérer le diabète de type 2 comme une maladie touchant exclusivement les personnes en situation d’obésité. Une personne mince peut également développer la maladie.
Peut-on faire reculer un diabète de type 2 ?
La prise en charge dépend du stade de la maladie et du profil du patient.
Activité physique, alimentation et perte de poids lorsqu’elle est indiquée occupent une place importante. Plusieurs médicaments sont également disponibles, avec des mécanismes d’action différents.
Les traitements du diabète ont beaucoup évolué. Certaines classes médicamenteuses peuvent, chez des patients sélectionnés, apporter également des bénéfices cardiovasculaires ou rénaux au-delà de la baisse de la glycémie.
Chez certaines personnes présentant notamment un diabète relativement récent et un excès de poids important, une perte de poids substantielle peut conduire à une rémission : la glycémie repasse sous les seuils diagnostiques sans traitement antidiabétique pendant une période donnée.
Le terme « rémission » est toutefois préférable à « guérison », car la maladie peut réapparaître.
Le danger est justement de se sentir parfaitement bien
Le diabète de type 2 illustre une particularité importante de la médecine préventive : on peut se sentir en bonne santé alors que certains paramètres commencent déjà à se dégrader.
C’est pourquoi un médecin peut proposer un dépistage en fonction de l’âge, des antécédents, du poids et des autres facteurs de risque. Attendre d’avoir extrêmement soif ou d’uriner toute la nuit pour vérifier sa glycémie n’est donc pas la meilleure stratégie.
Parfois, une simple analyse sanguine permet d’identifier une maladie avant qu’elle ne commence à se manifester par ses complications — et offre justement davantage de temps pour agir.

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