L’Éthiopie a fermé son ambassade à Asmara et expulsé dix diplomates érythréens, accusant l’Érythrée de soutenir les groupes armés qui combattent ses forces dans le nord du pays. Addis-Abeba et Asmara ont toutes deux annoncé la rupture complète de leurs relations diplomatiques.
La rupture est consommée. L’Éthiopie et l’Érythrée ont officiellement coupé leurs liens diplomatiques jeudi, après que le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara, invoquant des « actes d’hostilité directs et indirects » ainsi qu’une « belligérance » de la part de son voisin du nord.
Dans la foulée, Addis-Abeba a déclaré dix diplomates érythréens « persona non grata », les accusant de mener des activités constituant « une menace directe pour la sécurité nationale » du pays. Ces derniers disposent de 48 heures pour quitter le territoire éthiopien.
Asmara a répondu quelques heures plus tard, affirmant n’avoir « d’autre choix que de réciproquement rompre toutes les relations diplomatiques avec l’Éthiopie, avec toutes les conséquences négatives que cela implique ».
Cette escalade survient dans un contexte de reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie, où une coalition armée baptisée « Alliance pour la survie » affronte les forces gouvernementales depuis la semaine dernière. Cette alliance regroupe notamment le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), le Mouvement national Fano Amhara et l’Armée de libération oromo. Des centaines de personnes ont été tuées ou blessées depuis la reprise des affrontements, qui se déroulent sur plusieurs fronts simultanément.
La nuit précédant l’annonce de la rupture diplomatique, des explosions ont été signalées au quartier général des forces armées éthiopiennes à Addis-Abeba, entre minuit et une heure du matin heure locale. Le nombre exact de détonations fait l’objet de versions divergentes : certaines sources évoquent une seule explosion, d’autres en mentionnent trois, survenues après que le gouvernement a interdit l’usage de drones dans la capitale. Ni les circonstances précises, ni les responsables éventuels, ni le bilan humain de ces incidents n’ont pu être établis avec certitude.
L’Érythrée nie tout soutien à la coalition armée. L’Organisation des Nations unies a appelé à une désescalade et à l’ouverture de négociations entre le gouvernement éthiopien et l’alliance récemment constituée.

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