Perte de connaissance, corps secoué de convulsions : c’est l’image que l’on associe généralement à l’épilepsie. Pourtant, certaines crises sont beaucoup plus discrètes et peuvent se manifester par quelques secondes d’absence, des sensations étranges, des mouvements involontaires ou même une impression de déjà-vu. Une diversité qui explique pourquoi la maladie n’est pas toujours immédiatement identifiée.
L’épilepsie est une maladie neurologique caractérisée par la survenue de crises liées à une activité électrique anormale de certains neurones. Toutes les crises ne concernent pas nécessairement l’ensemble du cerveau : certaines débutent dans une zone précise, ce qui peut produire des symptômes très différents selon la région concernée. Une crise isolée ne signifie d’ailleurs pas automatiquement qu’une personne est épileptique, certaines convulsions pouvant être provoquées par une situation ponctuelle comme une hypoglycémie, une substance toxique ou, chez l’enfant, une forte fièvre.
Des absences aux grandes crises convulsives
La crise tonico-clonique généralisée est la plus spectaculaire : la personne perd connaissance, son corps se raidit puis des contractions musculaires apparaissent. Mais d’autres crises peuvent se limiter à des secousses d’un bras, des fourmillements, des hallucinations visuelles ou auditives, des troubles du langage ou des comportements automatiques. Certaines personnes ressentent une peur soudaine ou une étrange sensation de déjà-vu. Chez l’enfant notamment, les « absences » peuvent ne durer que quelques secondes : le regard devient fixe, l’activité s’interrompt puis reprend comme si rien ne s’était passé.
Le diagnostic repose beaucoup sur la description précise des épisodes, raison pour laquelle le témoignage d’une personne ayant assisté à la crise peut être précieux. L’électroencéphalogramme (EEG) permet d’enregistrer l’activité électrique du cerveau et de rechercher certaines anomalies caractéristiques. Une IRM cérébrale, des analyses sanguines ou d’autres examens peuvent également être réalisés pour rechercher une cause. Un EEG normal n’exclut cependant pas toujours l’épilepsie, et le neurologue doit confronter les résultats des examens à l’histoire clinique.
Des médicaments permettent souvent de contrôler les crises
Le traitement repose principalement sur des médicaments antiépileptiques destinés à réguler l’activité électrique cérébrale et à empêcher la survenue de nouvelles crises. Le choix du médicament dépend notamment du type d’épilepsie et du profil du patient. Lorsque les crises persistent malgré un traitement correctement suivi, des solutions plus spécialisées peuvent être envisagées. Dans certaines épilepsies provenant d’une zone cérébrale précisément identifiée, une intervention chirurgicale peut notamment être proposée après un bilan approfondi.
Lorsqu’une personne fait une crise convulsive, il faut avant tout la protéger des blessures, éloigner les objets dangereux et, si possible, protéger sa tête. Il ne faut jamais tenter de bloquer ses mouvements ni introduire un objet dans sa bouche. Une aide médicale urgente est notamment nécessaire lorsque la crise se prolonge, lorsque plusieurs crises se succèdent sans récupération normale ou lorsque la situation présente un caractère inhabituel ou inquiétant.
L’épilepsie ne se résume donc pas aux grandes convulsions visibles dans les films. Certaines crises peuvent être suffisamment discrètes pour passer longtemps inaperçues. Des épisodes répétés de rupture de contact, de mouvements involontaires ou de sensations neurologiques inhabituelles méritent une consultation : seul un bilan médical permet de déterminer s’il s’agit réellement d’une épilepsie et, le cas échéant, d’identifier la forme de la maladie.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.