S’installer à l’étranger peut entraîner des changements inattendus sur la balance. Certaines personnes constatent une perte de plusieurs kilos après avoir quitté leur pays d’origine, parfois sans avoir entrepris le moindre régime. Modification des habitudes alimentaires, stress de l’expatriation, nouveau climat ou activité physique différente : plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution. Mais contrairement à une idée reçue, changer de pays ne fait pas systématiquement maigrir. Les recherches scientifiques montrent même que certaines populations immigrées ont tendance à prendre du poids à mesure que leur durée de résidence dans le pays d’accueil augmente. Un phénomène complexe qui révèle l’influence de notre environnement sur notre santé et notre alimentation.
Quitter son pays pour s’installer ailleurs implique bien davantage qu’un changement d’adresse. Les habitudes quotidiennes sont profondément modifiées, à commencer par l’alimentation. Une personne habituée à consommer certains plats traditionnels peut rencontrer des difficultés à retrouver les mêmes ingrédients dans son nouveau pays. Les horaires des repas, les portions servies, les prix des produits alimentaires et la disponibilité des commerces influencent également les quantités consommées. Un Français qui s’installe à Malte, par exemple, peut progressivement adopter un régime davantage inspiré de la cuisine méditerranéenne, avec une place importante accordée aux légumes, aux poissons et à l’huile d’olive. Mais l’effet sur son poids dépendra surtout des portions et de son apport énergétique global. L’activité physique joue aussi un rôle déterminant. Une personne qui utilisait quotidiennement sa voiture peut se retrouver à marcher davantage pour rejoindre son travail, faire ses courses ou découvrir son nouvel environnement. Ces déplacements supplémentaires augmentent les dépenses énergétiques et peuvent contribuer à une perte de poids progressive. À l’inverse, un déménagement vers un pays où les déplacements sont principalement motorisés peut favoriser une plus grande sédentarité.
Le stress de l’expatriation peut également modifier le poids
L’aspect psychologique constitue un autre facteur important. Derrière l’image parfois idéalisée de la vie à l’étranger, l’expatriation s’accompagne fréquemment d’une période d’adaptation. Trouver un logement, comprendre les démarches administratives, apprendre une nouvelle langue, rechercher un emploi ou s’éloigner de ses proches peuvent générer une charge mentale considérable. Chez certaines personnes, ce stress provoque une diminution de l’appétit, des repas sautés ou une sensation de satiété plus rapide. D’autres réagissent au contraire en mangeant davantage, notamment des aliments riches en sucres et en graisses. Les modifications du sommeil et des horaires professionnels peuvent également perturber les habitudes alimentaires. Le climat intervient parfois indirectement dans ces changements. Une température élevée peut réduire temporairement l’envie de manger, tandis qu’un environnement plus froid ou moins ensoleillé peut limiter les sorties et certaines activités physiques. Les effets varient cependant fortement d’un individu à l’autre. Une synthèse scientifique publiée en mai 2026, regroupant 33 revues de recherches consacrées aux populations immigrées dans les pays à hauts revenus, souligne justement l’influence combinée de l’environnement, des conditions économiques, de l’alimentation et des facteurs psychologiques sur l’évolution du poids.
Les études invitent néanmoins à distinguer les changements observés immédiatement après une expatriation de ceux qui apparaissent plusieurs années plus tard. Une revue scientifique portant sur 39 études avait déjà mis en évidence une association entre la durée de résidence à l’étranger et l’augmentation de l’indice de masse corporelle dans plusieurs populations migrantes. Des travaux plus récents confirment que l’adoption progressive des habitudes alimentaires du pays d’accueil peut favoriser une prise de poids, particulièrement lorsque les aliments ultra-transformés deviennent plus présents dans l’alimentation et que l’activité physique diminue. Une perte de poids après un déménagement international n’est donc ni automatique ni nécessairement durable. Elle ne constitue pas non plus systématiquement un signe de bonne santé. Une diminution involontaire de 5 à 10 % du poids corporel en trois à six mois peut notamment révéler une dénutrition ou un problème médical nécessitant une consultation. Les professionnels de santé recommandent de surveiller particulièrement les pertes inexpliquées accompagnées de fatigue, de troubles digestifs ou d’une perte persistante d’appétit. Au-delà des différences culturelles et climatiques, l’expatriation rappelle ainsi une réalité essentielle : notre poids dépend d’un équilibre complexe entre alimentation, activité physique, environnement et état de santé. Changer de pays peut modifier cet équilibre, parfois de manière importante, sans pour autant constituer une méthode d’amaigrissement.

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